L'évolution des soins au fil du temps

Transcription

D'ailleurs mon père avait quatre caillots. Je pense que s'il avait été intubé, s'il avait eu une trachéotomie, il aurait probablement survécu, mais quel genre de vie ça aurait été pour mon père. Il ne pouvait pas parler, et je ne crois pas que mon père aurait voulu cela. Donc le soir, il a eu une toux congestionnée et les infirmières reconnaissent la toux d'un mourant, c'est une toux très creuse, mais tu ne peux pas tout aspirer. Et j'ai pensé : « Ah mon Dieu, Daphne ton père est en train de mourir. » Mais il était confortable; il n'avait pas trop d'antidouleurs, pas de morphine ou autre chose. Et finalement je lui ai dit : « Au revoir papa », et j'ai ajouté : « Je vais revenir demain. » Il m'a dit : « Fait attention, conduit prudemment » et tout ça. « Je suis seulement fatigué. » Nous l'avons alors installé et positionné pour qu'il soit plus confortable et je suis partie à la maison en pleurant et j'ai pensé que j'aurais dû rester. Mais il y avait ma mère à la maison aussi. Alors il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse lorsqu'il s'agit de la maladie ou d'être le porte-parole; c'est de faire du mieux qu'on peut et Dieu pardonnera tous les autres petits incidents, ou votre ange gardien ou quelqu'un vous aidera. Mais lorsque je suis arrivée à la maison, je n'ai pas dormi. J'ai appelé mon mari à 6 h le matin et j'ai dit : « Je pense que mon père est mourant [nom du mari] et il avait cette toux congestionnée. » Et à 7 h le matin, nous avons reçu un appel.

Alors j'y suis allée et j'ai amené ma mère. Cela a pris une éternité pour la faire bouger. Nous avons une relation intéressante dans ma famille. Bon ma mère ne voulait pas le voir et elle ne lui avait pas rendu visite très souvent non plus. Si tu veux aller voir un parent, tu ne laisses personne de la famille – ta mère ou ton père, ta grand-mère – te dire que tu ne peux pas aller les voir parce qu'ils sont décédés. Tu as besoin de boucler la boucle. J'y suis allée et je l'ai serré dans mes bras, et je lui ai parlé même si mon frère était là. Et il me demande : « Est-ce que tu as besoin d'aide Daphne? » « Non, je n'ai pas besoin d'aide, j'ai besoin d'être avec mon père. » Et […] quand ma […] mère et mon frère ont décidé d'aller faire les arrangements funéraires, on m'empêchait d'y aller. Éventuellement mon frère a dit : « Peut-être qu'on devrait laisser venir Daphne parce qu'elle était tellement impliquée avec papa. » C'était une espèce de jeu mais de toute manière quand je suis allée à la maison funéraire avec ma mère – j'ai appris une autre leçon – il a dit : « Est-ce que quelqu'un vient voir votre père? » et ils avaient choisi le cercueil et tout ça, et elle a dit : « Non » et j'ai levé ma main vers ma mère et j'ai dit : « Arrête ça maintenant. Tu as dit tout ce que tu avais à dire, n'est-ce pas? » Et j'ai regardé l'entrepreneur de pompes funèbres et j'ai dit : « Je veux voir mon père dans son ensemble de la Légion et je veux lui faire mes adieux. Je me fous de tous ceux qui ne veulent pas le voir mais moi je veux le voir. » Ma fille et mon mari sont venus aux funérailles et ils sont venus voir mon père avec moi. Ma fille a mis une note sur le veston de mon père pour lui demander de veiller sur elle à l'avenir et j'ai amené de la maison le missel de mon père, parce qu'il était catholique, je l'ai glissé en douce et je lui ai mis dans les mains avec son chapelet. J'ai pris une mèche de ses cheveux. Ils feront n'importe quoi au centre d'hébergement ou au salon funéraire. Ils feront ce que vous voulez. J'ai dit : « Je suppose que cela semble bizarre » et il me répond : « Non, ça ne l'est pas; vous pouvez prendre ce que vous voulez. Vous pouvez mettre une photo – tout ce que vous voulez dans ce cercueil. »

Et le service funéraire a eu lieu à la campagne, très simple, et la Légion est venue. Mon père voulait être enterré – c'est une autre chose – avec les vétérans. Il voulait être enterré avec le drapeau britannique. J'ai pensé : « Où diable vais-je trouver un drapeau britannique pour ça? » Alors j'ai appelé mon mari. Il connaissait une place ici à [ville en CB] qui vendait des drapeaux. J'allais mettre un petit drapeau dessus si je pouvais. Il a trouvé un drapeau britannique. Alors j'ai dit à l'entrepreneur : « Nous avons fait un épi de blé pour mettre sur le devant du cercueil parce qu'il était fermier. Il a dit : « Vous ne pouvez pas mettre ça sur le drapeau canadien », ce que je ne savais pas. « Rien sur le drapeau canadien. » Alors nous l'avons mis sur le devant. Donc ce que les gens ont fait, après que la Légion ait fait le dernier appel et donner les explications à propos de tout ça – c'est beau – et d'avoir la Légion là. Plusieurs de mes oncles, tous mes oncles, ont été à la guerre et aucun d'eux n'a fait ça. Le dernier appel de la Légion, c'est tellement un beau dernier souvenir. Et ils ont enlevé le drapeau canadien, les filles, et ensuite le drapeau britannique sur le mat flottait dans le vent, et ils l'ont descendu et mis sur le cercueil de mon père au moment où le cercueil descendait dans le sol. Il a été enterré avec le drapeau britannique parce qu'il avait été pilote sous le drapeau britannique.

C'est une belle façon de boucler la boucle pour vous tous.

Et je continue de parler à mon père. Nous avons toujours des problèmes et j'ai toujours ma mère qui sera une autre sorte de problème, mais j'ai appris en diable de tout le monde autour de moi : les gens à l'hôpital, les personnes avec qui j'ai travaillé, les gens au téléphone, le médecin – bon et mauvais. J'ai beaucoup appris et j'ai beaucoup d'histoires à raconter et les gens semblent écouter. Parce que j'ai passé par un hôpital d'une petite ville, à un centre d'hébergement, à un autre centre d'hébergement où il est demeuré seulement trois ou quatre mois, et ce fut son dernier endroit.

En terminant, une autre chose que je recommanderais – mon père voulait aller à la maison. Ma mère a dit qu'elle ne pouvait pas s'en occuper. Bon, j'imagine que si j'étais demeurée là j'aurais pu le prendre à la maison et obtenir des soins 24h/24. Tu peux faire ça. Mais ce que mon père voulait c'était de voir sa ferme. Lorsqu'on emballait ses choses à [l'hôpital des vétérans] après son décès – parce que personne d'autre n'allait le faire – que j'aurais pu amené mon père à la maison avec [nom du proche aidant] dans une fourgonnette louée de [l'hôpital des vétérans] et nous aurions pu l'amener à la maison et lui faire faire le tour de la ferme en fauteuil roulant quand le blé poussait, et peut-être même dans la maison, nous ne sommes pas certains, avec un planche de bois. Mais tout ce qu'il voulait vraiment, c'était de voir sa ferme. Parce que j'ai dit à mon père : « Tu ne peux pas rester là, maman ne peut pas prendre soin de toi. » Mais ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Et je lui ai promis que je l'amènerais à la maison d'une façon différente. Mais je suis certaine qu'il voltige actuellement avec ses amis – il est le dernier de son groupe – et je parie qu'il sourit et qu'il regarde en bas et qu'il pense : « J'ai eu ce que je voulais ». Ouais.