Voyage, vacances et répit

Transcription

Mes vacances sont mes évasions et je vais faire de la randonnée en montagne. Et lorsque je vais en randonnée j'essaie de monter jusqu'à 8000 pieds, au-dessus des arbres, là où je peux me tenir debout au sommet de la montagne, et là plus rien n'a d'importance. C'est à ce moment-là, je ne sais pas si c'est parce que vous devez grimper pour vous y rendre, alors vous grimpez et vous travaillez vos frustrations, vous avez chaud. C'est peut-être ça mais c'est le moment où je récupère. Ce sont ces deux ou trois semaines de l'année, bien que ce soit difficile parce que... et c'est une chose horrible à dire et je me sens même coupable de le dire. Mais vous savez quoi? Quand je suis au-dessus de la ligne des arbres, mon téléphone cellulaire ne fonctionne pas. Il n'y a donc aucun appel de ma mère, parce qu'elle m'appelle à tous les jours. Elle me telephone cinq à six fois par jour. Il n'y a pas, je n'ai pas à aller à l'hôpital deux fois par jour. Je ne vois pas les autres personnes qui n'ont pas de jambes, de bras. Pendant ces deux semaines, même si j'appelle ma mère tous les jours, c’est un peu un sursis.

Ce qui est bien c'est que si quelque chose arrive, les néphrologues connaissent ma mère depuis si longtemps, tellement longtemps, qu'ils savent que nous avons une « ordonnance de ne pas réanimer » pour ma mère, parce que s'ils le faisaient ils écraseraient son sternum. Ce serait pire pour elle. Ils sauraient, ils savent ce qui est le mieux pour elle, et ils savent tous ce qu'elle souhaite. Mais c'est ma plus grande peur, de revenir d'une randonnée, d'une randonnée d'un jour, et qu'il y aura, je vais appeler et ils me diront « Vous devez revenir. Votre mère est décédée. »