Parler du cancer avec les enfants

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Les enfants doivent être la chose la plus difficile à introduire dans cette équation. Je pense que s’il n’était pas là ce serait tellement plus facile parce que le cerveau pense à qu’est-ce qui arrivera? Est-ce que je le verrai atteindre le secondaire V et est-ce que je serai capable d’être là pour lui? Et c’est vraiment très difficile. Combien d’information est-ce que je lui donne? Une chose que je réalise vraiment c’est que tu passes d’un enfant de 5 ans à un de 11 ans et que le cerveau change, ainsi que la capacité à comprendre ce qu’il ressent change complètement. Nous sommes incroyablement près mon fils et moi. Ils le ressentent et si vous ne dites rien, ils se replient sur eux-mêmes et ils pensent au pire et à toutes sortes de choses. Ils n’ont pas besoin de tout savoir. Il ne savait pas où se trouvait le cancer mais il savait qu’il avait récidivé. Peut-être qu’il… nous sommes chanceux parce que lorsqu’il était plus jeune sa mère a vaincu le cancer, n’est-ce pas… alors maman s’en sortira. Donc il ne comprend pas vraiment que je ne m’en sortirai pas, mais c’est correct. Il n’a pas besoin de le savoir. Je me suis assise avec lui lorsque j’ai eu toute l’information parce que je voulais être en mesure de lui donner le portrait réel de ce qui arriverait. Vous donnez des informations aussi minimales que possible. Je pense que ce serait mieux… Je peux le dire et il a simplement compris que le cancer avait récidivé. Maintenant cela veut dire que je devrai retourner en chimio et en radiothérapie, et ainsi de suite.

Pour le parcours du cancer du sein métastatique ou avancé, j’ai abordé le sujet avec mon fils en disant qu’il avait récidivé et que nous allions le combattre. Si vous écoutez ceci, on vous a probablement déjà dit que le cancer métastatique ne disparaîtra pas. Vous allez avoir un certain degré de cancer et vous ne serez jamais complètement guérie ou être classée comme complètement sans cancer. J’ai donc été honnête avec mon fils et lui ai dit, j’ai utilisé le terme que c’était comme un état chronique que nous devrons toujours surveiller, que j’aurai toujours différents traitements et que ma réponse aux traitements variera en termes de… si le cancer récidive ou quand le cancer apparaît. Non pas si le cancer récidive mais si le cancer se développe encore et différentes choses comme ça. Cela a semblé lui donner une certaine capacité à comprendre sans l’apeurer. Certains enfants...il y a des travailleurs sociaux dans la plupart des endroits qui ont des programmes pour les enfants. Mon fils n’a jamais voulu participé mais j’ai toujours essayé de trouver du temps uniquement pour lui. J’ai trouvé que de se blottir l’un contre l’autre dans le lit sans se regarder lui permettait de poser des questions, des questions difficiles comme « Est-ce que tu vas mourir? » Vous allez avoir cette question selon l’âge ou si on ne vous pose pas la question, vous devriez la soulever parce qu’ils vont y penser. C’est une question très difficile et vous devriez y réfléchir parce que c’est difficile d’y faire face.

Intervieweur : Pouvez-vous me dire comment vous avez répondu à cette question?

Je pensais que c’était très important et j’avais lu que vous deviez être le plus honnête possible parce que si ce n’est pas le cas, ils estiment que vous leur avez menti et il y a beaucoup de colère après si vous mourrez. C’est ce que j’avais lu donc ce que j’ai choisi de faire avec lui c’est de l’introduire tranquillement, lui laisser le temps de se faire à l’idée. Ensuite je me blottissais et le questionnais sur différentes choses ou je disais différentes choses et j’essayais de le faire parler. Et lorsqu’il a posé cette question je lui ai dit que je ne le savais pas. J’ai été honnête et j’ai dit : « Celui-ci je ne sais pas si nous pouvons, si maman sera… je ne serai jamais complètement guérie et je ne sais pas ce que cela voudra dire. Mais ce que je peux te dire c’est que je vais me battre très fort et je ferai tout ce qui est possible pour combattre cela », parce que c’était quelque chose qu’il pouvait comprendre. Mais si vous voulez être tout à fait honnête c’est de vivre le plus longtemps possible. Mais je pense qu’à 11 ans, il n’a pas besoin d’entendre ça. Je pense que de m’assurer que je serai là pour combattre ça c’est correct. Dans son idée, c’est de s’assurer que le cancer ne récidive pas. Ensuite, je lui donnais quelques petites informations à la fois en termes de ce que ça voulait dire et ainsi de suite.

 

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