Christine

Christine
Âge
53

Christine est mariée et enseigne la sociologie et les sciences politiques.

Christine a été diagnostiquée en 2012. Elle n’a jamais perçu ou vu quoi que ce soit de différent dans ses seins bien qu’une tumeur de 5 cm fut détectée pendant une mammographie de routine. Après la mammographie, elle a subi une échographie et deux biopsies. Dix jours plus tard elle apprenait qu’elle avait un cancer dans le sein gauche. Initialement elle a opté pour une tumorectomie avec radiothérapie. Lorsque les résultats de ses tests ont démontré qu’elle n’était pas porteuse des gènes héréditaires du cancer du sein, mais que plusieurs membres de sa famille en sont porteurs, on lui a conseillé une mastectomie complète. En dix jours, la décision de Christine est passée d’une tumorectomie à une mastectomie simple, pour finalement opter pour une mastectomie double avec reconstruction. Suite à la première chirurgie et la reconstruction, elle a développé des infections ainsi que d’autres complications qui ont résulté en 10-12 interventions.

 

Christine a eu une autre surprise en apprenant qu’elle avait besoin de chimiothérapie bien qu’elle ait compris qu’elle n’aurait pas besoin de traitements supplémentaires après la mastectomie. Trouver de l’information pertinente pour savoir quoi faire pendant les traitements de chimiothérapie lorsqu’on souffre de diabète de type 1 fut un véritable défi pour Christine. Elle croit que les différentes disciplines professionnelles auraient pu mieux collaborer afin de lui fournir une information pertinente. Finalement, son équipe de soins pour le diabète lui a offert un meilleur soutien en surveillant son état de santé pendant la chimiothérapie.

 

Christine a eu beaucoup de soutien de sa mère, d’une cousine et d’une amie qui se sont occupées d’elle pendant ses traitements. On lui a dit à quelques reprises qu’elle réagissait très bien face à sa maladie. Elle pense que le fait de vivre avec un certain nombre de problèmes de santé lui permet de voir son cancer du sein et la perte de ses seins sous un jour différent. Ceci ne veut pas dire que ce fut toujours facile pour elle; par exemple, elle ressent les effets secondaires négatifs du Tamoxifen. Son état de santé est moins bon qu’avant ses traitements et elle oublie parfois des mots, résultat de la « dysfonction cognitive à la suite d’une chimiothérapie ». Elle s’est réconciliée avec sa maladie et elle croit que rendu à ce point, tout ce qui peut lui arriver est parfait. Elle croit qu’elle ne peut plus avoir peur de penser à la mort après y avoir fait face une fois et elle se demande pourquoi elle est toujours en vie alors que d’autres qui ont reçu un diagnostic de cancer sont décédés. Elle se réveille parfois la nuit et se demande « je suis encore en vie et puis après? » Elle s’en sort en prenant un jour à la fois.

Temps depuis le diagnostic
2 - 5 years
Phase de traitement
En rémission

Videoclips

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Mes amis me disent que je suis beaucoup plus décontractée maintenant, ce qui est une bonne chose. J’ai fondamentalement changé à travers ça. Pour commencer je peux vous dire que je ne pense pas que le changement soit complètement terminé. Je commence à apprécier mes limites, mon humanité. Il n’y a pas grand enthousiasme, comme « Bien allons conquérir le monde. » Tout est beau, ce n’est pas grave, la vie est correcte. Je pense que c’est un changement pour moi. Je n’ai jamais été une personne peureuse et maintenant je ne le suis vraiment pas. Si je meurs aujourd’hui, c’est correct; si c’est la semaine prochaine, c’est correct. Si je meurs dans trois ans, aucun problème, si je meurs dans 20 ans, c’est aussi correct. Je dis ça honnêtement et non d’une manière fataliste comme « Oh mon Dieu! » Mais c’est correct.

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Qu’ils soient bénis, ils sont tellement gentils. Mais je suis diabétique de type 1 et une des choses que j’ai découverte c’est que les disciplines ne se parlent pas. Donc je me suis assise à ma session de chimio et j’ai dit : « Bon, je suis diabétique de type 1, qu’est-ce que je dois faire? » Nous allons parler avec les nutritionnistes et celles-ci ont dit : « Vous devez parler avec les gens qui s’occupe des diabétiques. » En dedans de 24 heures j’étais sur le dos avec des maux de jambes, la nausée. J’ai commencé ma convalescence dans mon appartement et j’ai terminé chez ma mère sur le dos. Et pour terminer j’avais un rendez-vous avec ma spécialiste du diabète le lundi juste pour parler de ce que dois faire pour me nourrir. Ma mère et son ami ont dû littéralement me ramasser et me mettre dans l’auto et m’amener là.

Intervieweur : Parce que vous étiez tellement malade?

J’étais tellement malade. Ma spécialiste du diabète m’a regardée et elle a dit : « Vous n’allez pas très bien n’est-ce pas? » Je lui ai répondu : « Non. » Elle m’a dit : « Vous êtes déshydratée, vous avez une infection des muqueuses, rendez-vous à l’hôpital. »

 

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Désastreux dans le… ok, comment le mettre en contexte? En tant que professionnel, en tant que personne qui veut gagner sa vie dans le monde, ce fut très problématique. Des hypothèses implicites sous-tendent tout ça, comme quelqu’un s’occupera de vous, particulièrement votre conjoint. Bien qu’il soit un homme adorable et qu’il gagne un bon salaire, qu’il ait de bonnes assurances collectives, c’est la seule raison pour laquelle j’ai été capable de faire ce que j’ai fait. Je ne peux même pas m’imaginer si j’avais eu à faire cela toute seule, j’aurais effectivement dû retirer… c’était quoi le commentaire qu’on m’a fait lorsqu’ils m’ont dit que je n’étais pas éligible pour la longue durée… « Bon, vous devez utiliser tous vos REERs  et ensuite nous commencerons. » J’ai répondu : « Êtes-vous fou? Si je fais ça, est-ce que vous allez prendre soin de moi lorsque j’aurai 65 ans? Ne soyez pas ridicule. » La prestation d’invalidité du PPC : deux raisons pour lesquelles vous devez vous absenter pour deux ans, vous devez soit être morte ou sur le point de mourir, et c’est le seul temps que vous y aurez droit. Je suis comme « eh, eh… ok, je ne peux retourner au travail… Allo! J’ai besoin… et je ne vous dis pas de me donner mille, cent mille dollars par mois, même un petit pourcentage, quelques dollars pour payer… seulement pour avoir assez d’argent, je ne sais pas, pour payer le stationnement de 20 $ à chaque fois. Qui va payer pour ça? Est-ce que je vais payer pour ça ou est-ce que vous allez payer pour ça? »

Incroyable! Je me bats par principe pour dire : « Les amis, vous émettez tellement d’hypothèses. » Si je vais à la Cross, 4 ou 5 sessions, combien de dollars aurais-je à payer y compris tous les suivis, tous les rendez-vous avec les médecins où vous devez payer et vous pouvez être assise là pendant des heures à l’urgence; 4, 5, 6, 7 heures à 30 à 40 $ à chaque fois pour le stationnement de l’hôpital.

 

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J’ai certainement fait des recherches sur Internet, mais aussi je suis une fille un peu rétrograde dans le sens où je suis très critique et j’ai un esprit très critique à propos de ce que je lis sur Internet. J’ai donc consulté la Société canadienne du cancer et l’American Cancer Society, ainsi que quelques universités des États-Unis qui possédaient certaines informations sur le cancer, mais principalement les personnes du Réseau du cancer, mon médecin de famille et les différents spécialistes. Bien que je… si je suggérais certains problèmes à résoudre, ce serait l’approche interdisciplinaire pour aider les gens. Je veux dire qu’ils ont été très gentils, que ce soit les nutritionnistes ou les médecins, mais en fait ils n’étaient pas… comme si je suis la seule personne avec un diabète de Type 1 et le cancer en même temps? Est-ce que vous ne vous parlez pas pour en arriver à une approche holistique de ça.