Nadia B

Nadia B
Âge
56

Nadia (B) travaille comme gestionnaire d’entreprise immobilière. Elle est mariée et a deux enfants adultes.

Nadia (B) a été diagnostiquée en 2014. Elle a initialement perçu une masse lorsqu’elle vérifiait ses seins en regardant la télévision. La masse n’était pas douloureuse, mais elle était dure. Elle a appelé son médecin le jour suivant et comme il n’était pas disponible, elle a décidé de se rendre à l’urgence le soir-même. Elle fut référée pour une échographie le jour suivant et elle a ensuite subi une biopsie le jour d’après. Le radiologue lui a dit de ne pas s’inquiéter et que tout irait bien. Son médecin de famille a cependant appelé Nadia (B) très peu de temps après pour qu’elle se présente à un rendez-vous pendant lequel il lui a annoncé qu’elle avait un cancer du sein. Elle a subi une tumorectomie moins de onze jours suivant son diagnostic. Les résultats de la tumorectomie étaient bons; ses marges étaient claires; le cancer ne s’était pas répandu et on lui a retiré seulement un ganglion lymphatique. À cause de la spécificité de son cancer, Nadia (B) a été traitée par la chimiothérapie, la radiothérapie et a subi une thérapie hormonale. Son chirurgien l’a informée ultérieurement que la masse était présente dans la mammographie de 2012 mais qu’elle ne s’était pas développée. La masse n’avait probablement pas été détectée à cause de la densité de ses seins et la petitesse de la tumeur. Elle n’a rencontré son premier oncologue que pendant cinq minutes après avoir été vue par un résident. Elle n’a pas aimé cette approche et elle ne fut pas à l’aise lorsque celui-ci a dû corriger la recommandation du résident pour la médication proposée. Sa nièce, qui fut un excellent soutien pendant les traitements de Nadia (B), lui a trouvé un autre oncologue. Cette oncologue prenait le temps de parler avec ses patients, les écoutaient bien et avait une bonne attitude avec eux – ces choses sont très importantes pour Nadia (B). En général, elle a trouvé que le personnel de cet hôpital était gentil et plus intéressé par le patient – il semblait y avoir une culture différente. Elle est reconnaissante envers le système de santé de ce pays et elle apprécie de pouvoir être traitée.

 

Nadia (B) venait juste de commencer un nouvel emploi lorsqu’elle a été diagnostiquée. Son patron s’est montré solidaire, lui a accordé un congé de maladie et lui a demandé de prendre son temps et de s’assurer qu’elle allait mieux avant de retourner au travail. Elle s’est cependant sentie prête à retourner au travail lorsque sa radiothérapie a commencé, simplement comme distraction de sa maladie. Elle est très fière d’avoir pu travailler pendant cette période. Nadia (B) a reçu beaucoup de soutien de sa famille, ainsi que de sa communauté et de ses amis; son époux a assumé de nouveaux rôles domestiques en prenant soin d’elle. Tout au long de ses traitements et de sa convalescence, ce qui fut une période effrayante pour elle, sa routine quotidienne comprenait la prière et la méditation. C’est ce qui lui a donné beaucoup de force. Elle a également fait des changements dans son régime alimentaire et elle continue de prendre des jus énergisants à tous les jours.

Temps depuis le diagnostic
0 -1 year
Phase de traitement
En rémission

Videoclips

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J’ai été très chanceuse avec la chimio parce que plusieurs personnes ont dit qu’il y avait beaucoup d’effets secondaires. Donc principalement, premièrement, je n’ai pas eu beaucoup de nausée. C’était constamment là mais parce que je dormais tellement cela ne m’a pas affectée autant et parce que je prenais mes pilules tellement en temps. De manière constante, 6 h le matin, 18 h le soir, cela m’a vraiment aidée. Donc j’étais très constante avec mes médicaments. Après que la chimio fut terminée, j’ai eu quelques... ils disent que vos ongles noircissent. Très très peu parce que (nom) était très bon avec moi. Ils me donnaient un contenant de glace et je mettais mes doigts dedans et cela m’aidait vraiment. Alors à la fin de la chimio il n’y avait presque rien. J’ai vu certaines personnes qui venaient pour la radiothérapie; il y avait une dame qui avait tous les ongles noirs et je lui ai demandé : « Pourquoi vos ongles sont-ils tous noirs? » Elle m’a répondu : « Bien c’est l’hôpital où je vais et ils mettent de la glace ici à la place », et j’ai dit : « Pourquoi est-ce qu’ils feraient ça? » Elle dit que les ongles de toutes les femmes sont devenus noirs. J’étais estomaquée, alors j’ai été vraiment chanceuse. Je suis allée à (nom de l’hôpital), ils ont pris soin de moi, ils m’ont dit de les mettre. Donc c’était un des effets secondaires. L’autre effet secondaire était, je pense, lors de ma dernière chimio après mon dernier, après environ une semaine mes jambes ont vraiment enflées. Elle a dit : « C’est un des effets secondaires. » Et j’ai eu une infection dentaire; il est donc important de toujours voir un dentiste avant et après les traitements. J’ai donc eu une infection dentaire et j’ai dû finalement faire extraire ma dent parce que c’était vraiment grave.

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Ils ont fixé la date de ma chirurgie, je pense que c’était le 21 août, je m’en souviens très bien et c’était une sensation très angoissante. Je ne savais pas ce qui était là mais j’ai eu de la chance. Lorsque la chirurgienne est sortie, elle a dit à mon époux que je serais bien, qu’il ne s’était pas répandu. Il n’était qu’un centimètre. Il ne s’était pas répandu dans mes marges, ni dans mes ganglions lymphatiques. Ils n’avaient enlevé qu’un seul ganglion lymphatique. Ensuite, elle a dit que ce serait la radiation et la chimiothérapie habituelles. Elle ne m’a rien dit à ce moment-là mais elle a fixé un rendez-vous pour moi et c’est à ce moment qu’elle m’a dit que j’avais le gène ErbB2*. Elle a dit : « C’est un peu risqué ». Elle a dit : « Vous devrez faire de la chimiothérapie » parce que je pensais que je m’en serais tirer avec seulement de la radiation. Alors avec le ErbB2 j’ai dû faire de la chimiothérapie et de la radiothérapie, et j’ai dû aussi avoir du Herceptin pour environ, je pense que c’était 18 injections; ce qui m’a amenée jusqu’en octobre de cette année.

*      ErbB2 : un gène présent dans les cellules qui, dans certains cas de cancer du sein est en mutation. Cette mutation est la cause la surproduction du gène ErbB2 dans les cellules mammaires, ce qui permet aux cellules de se diviser de manière incontrôlable. Cependant les traitements qui s’attaquent au ErbB2 sont très efficaces.

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J’ai réalisé que j’avais l’habitude de faire attention aux autres plutôt qu’à moi-même. Ma mère était malade, mon père était malade. J’avais l’habitude de courir pour les rendez-vous avec les médecins et mes enfants. Je courais tout le temps, la maison, tout devait être en ordre. J’ai réalisé que ce n’était pas la vie, maintenant je vais faire attention à moi. Et je le ferai, je vais faire attention à mon corps, mon esprit. Je pense que c’est ce qui est le plus important. Je dois devenir un petit peu égoïste maintenant. C’est ce qui est changé en moi. J’ai senti que quelquefois je gardais beaucoup de choses en-dedans.

Intervieweur : Vous avez donc senti que vous pouviez relâcher un peu plus?                                     

Je peux me libérer maintenant. Je peux dire que je n’aime pas cette chose. Je peux dire à mon époux : « Est-ce que tu peux faire ceci pour moi? » Je ne suis pas à l’aise parce que je sais qu’il travaille de longues heures lui aussi; avant j’essayais de tout faire moi-même. Maintenant je le dis si je ne veux pas cuisiner. Lorsque mon fils arrive à la maison : « Va chercher quelque chose, commande. » Je ne me sens plus aussi coupable. Je sens que c’est ce qui a changé dans ma vie.

 

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La première chose, ouais, faites votre examen régulièrement. Ne vous fiez pas au système de santé parce que vous devez être proactive. C’est très important. Et deuxièmement, subissez des mammographies régulièrement. Allez-y, n’attendez pas, c’est important, ainsi que votre alimentation et votre exercice, et la cohérence. Essentiellement vous pouvez en apprendre beaucoup sur Internet et si vous avez des questions appelez-les, mais utilisez les bons sites, les bons sites qui sont disponibles. Et vos jus, je pense que personnellement je les conseillerais à toutes les personnes. Ce que je mangeais et qui me donnait de la force c’était mon jus à tous les matins; c’est ce qui m’a vraiment aidée, et les légumes. Il y a beaucoup d’information sur Internet sur ce qui est bon et ce qui n’est pas bon pour vous.

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J’ai trouvé la radiothérapie difficile et je suis tellement fière de moi d’être retournée au travail immédiatement et mon patron dit que je peux retourner à temps partiel parce que pendant la période de chimiothérapie, je suis devenue vraiment dépressive. C’était pendant la période de Noël et cela m’a rendue vraiment dépressive et je ne pouvais pas. J’ai dit à mon époux que je ne pouvais pas rester à la maison pendant la radiothérapie. Alors mon époux m’a dit : « Ok, si tu en as envie, pourquoi ne retournes-tu pas au travail à temps partiel? » J’ai donc demandé à mon patron et il m’a répondu : « Ouais, bien sûr. Peu importe le nombre d’heures que tu veux venir, pour deux heures, trois heures, tu choisis ton temps. » Je lui ai dit : « Je viendrais entre 9 et 14 h. » Et il m’a répondu que c’était très bien. Vous savez quoi, cela m’a fait beaucoup de bien parce que, vous savez, j’avais le contrôle de ma vie. Je suis entrée dans une routine, je m’habillais, je mettais du rouge à lèvres. Je voulais être belle et je me sentais bien. Et vous savez quoi, j’étais occupée et alors je ne pensais pas à ma maladie et cela m’a donné confiance, n’est-ce pas. J’allais travailler, tout le monde était gentil et je quittais ensuite à 14 h. Je fixais mes rendez-vous pour ma radiothérapie entre 14 h 30 et 15 h 30 étant donné que l’hôpital est tellement près de mon travail, à quatre minutes. J’allais donc là-bas subir ma radiothérapie et je retournais à la maison.

Intervieweur : C’était rapide. Est-ce que c’était tous les jours?

C’était à tous les jours, tous les jours et certains jours, vous savez, l’appareil ne fonctionnait pas et il y avait quelques jours de congé mais la plupart étaient très bien. Ensuite je revenais à la maison, je faisais une petite sieste et ensuite je me sentais bien. J’étais prête pour aller au travail et c’est ce que j’ai fait pendant tout un mois. Tout le monde me disait qu’après ma deuxième semaine de radiothérapie je ne serais pas capable de travailler, mais je l’ai fait et je suis très fière de moi.

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Mon époux était un mordu de la propreté, il avait donc peur de la chimio et des choses comme ça. Naturellement, l’intimité a disparu après ma radiothérapie. Mais il est très gentil, très coopératif; lorsque je ne voulais pas de lui il m’a laissé beaucoup d’espace. Certains jours lorsqu’il voulait me tenir dans ses bras, je disais simplement que j’avais besoin d’espace. Il était très compréhensif, vraiment… il ne s’imposait pas et il me donnait de l’espace. J’apprécie vraiment cela de sa part. Il comprenait donc ce que je ressentais et tout. Tout cela revient, je pense. Je m’inquiétais toujours à savoir si ça allait revenir. Mais je pense que ça revient. Ça revient et on se tient toujours la main. Je pense que ce n’est pas… le sexe n’est pas… cela ne devient pas aussi important que d’être là l’un pour l’autre. Vous vous tenez compagnie et vous vous tenez la main et tout. Je sais qu’il est là pour moi et qu’il va me câliner en me disant que tout va bien aller, de ne pas m‘en faire. Nous allons… et il me dit toujours que nous faisons face à la situation ensemble, nous serons… Il m’a toujours dit, il y a un mot qu’il utilisait toujours avec moi, c’était : « malade ou en santé, nous serons ensemble ». Je me suis toujours sentie très obligée, je sentais que j’imposais si je lui demandais de faire quelque chose pour moi. Je me sentais très inconfortable mais il le faisait avec beaucoup d’amour et de bienveillance et il ne m’a jamais fait sentir que je lui imposais. Il a été vraiment très bon pour moi.

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Je suis une personne très spirituelle, alors au moment où tout cela s’est produit, c’était très angoissant. Je priais beaucoup. J’ai beaucoup médité, ce qui m’a donné beaucoup de force. J’ai senti qu’il s’est produit un véritable miracle pendant ma chirurgie. Deux jours avant ma chirurgie j’ai voulu voir mon médecin précédent. Elle avait été notre médecin pendant presque 30 ans, Dre (nom) et elle était un médecin formidable. Elle s’est occupée de mes enfants, littéralement elle touchait mes enfants et ils se sentaient mieux. Comme ça! Elle était un excellent médecin. J’ai dit à mon époux : « J’ai vraiment besoin de lui parler. Je ne suis pas confortable avec notre nouveau médecin de famille. » Et il m’a répondu : « Où allons-nous la trouver? » Mais par la suite j’ai appris qu’elle était allée en chirurgie. J’ai alors dit : « Tu sais quoi? Maintenant je vais simplement laisser ça entre les mains de Dieu. Je t’en prie Allah aide-moi, donne-moi un signe pour que je sache que tu es près de moi. » Tout à coup mon époux me dit que Dre (nom) est là.

Nous accourons auprès d’elle et elle dit : « Oh, comment allez-vous? » Elle connaissait mes enfants, elle connaissait leurs noms et elle était vraiment très près de mes deux enfants. Elle ajoute : « Comment vont mes munchkins? » J’ai répondu : « Tout le monde est bien. » Elle m’a dit qu’elle avait entendu parler de moi et que j’allais avoir une chirurgie. C’était un miracle et je savais que Dieu avait écouté mes prières. Elle m’a alors tenu la main et m’a dit : « Ne t’en fais pas, Dr (nom) est un excellent chirurgien. Tu n’auras pas de problème du tout, du tout, du tout.

Alors pendant toute la situation que j’ai affrontée ce fut comme si quelqu’un était là pour s’occuper de moi à chaque étape jusqu’au bout.

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Comme je vous l’ai dit, ma nièce est une fille intelligente. Elle m’a aidée à passer au travers et je lui parlais pendant des heures. Elle m’envoyait des liens. Elle me disait : « Non Nadia, regarde ces liens. Lis à ce sujet. Assure-toi de savoir de quoi il parle lorsque tu iras chez le médecin. Sois préparée lorsque tu iras. » Mon époux était là aussi. Je devenais cinglée, J’avais tellement peur de tout ça que je n’arrivais pas à assimiler certaines informations, mais mon époux avait un dossier qui contenait toute l’information. Il savait exactement quel médicament ils me donneraient pendant la chimio et il connaissait exactement les effets secondaires. Mon époux et ma nièce étaient mon système de soutien. Ensuite elle m’a envoyée certains liens et lorsque je me suis sentie mieux j’ai commencé à lire beaucoup. Et vous savez, une des choses qu’ils disent c’est que l’exercice et le régime alimentaire sont les clés aussi, mais je faisais tout ça même avant le cancer.