Sirkka

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Âge
63

Sirkka est âgée de 63 ans, est mariée et a quatre enfants adultes. Elle travaille comme préposée aux services de soutien à la personne certifiée et elle offre des soins personnels aux gens de sa région.

 

Sirkka a été diagnostiquée en 2008 et son équipe de soins la traite présentement comme si son cancer s’était métastasé, bien que ceci n’ait été confirmé par aucun examen. Sirkka s’est aperçue que quelque chose n’allait pas lorsqu’elle a commencé à ressentir comme des petits pincements dans sa poitrine. Elle a vu son médecin de famille et elle a ensuite subi une mammographie. Sirkka n’était pas très inquiète et après avoir subi son examen elle l’a oublié quand sa mère est décédée. Elle a reçu un appel de son médecin trois mois après sa mammographie qui lui indiquait que quelque chose de suspect avait été repéré. Elle a ensuite eu de la difficulté à avoir un rendez-vous avec le chirurgien qui ne l’a rappelait pas au début. Ce fut seulement huit mois après avoir ressenti les premiers pincements dans sa poitrine qu’elle a subi une biopsie. Malheureusement les résultats de la biopsie ont démontré que le cancer du sein était de nature plus sérieuse. Sirkka a subi une mastectomie complète suivie de chimiothérapie et de radiothérapie. Elle a décidé d’aller voir un chirurgien dans une autre ville pour une reconstruction par lambeau TRAM. Quelques mois après cette chirurgie Sirkka a remarqué des masses dans la région abdominale et elle a subi une biopsie dans une clinique locale; la biopsie a été faite en passant au travers du filet qui était installé afin de compenser pour la perte du muscle retiré lors de la reconstruction par lambeau TRAM. Il en est résulté une sérieuse infection. Sirkka a appris plus tard qu’une biopsie n’aurait pas dû être effectuée en passant au travers du filet. Depuis elle a subi plusieurs chirurgies afin de retirer le filet infecté. Sirkka souffre de maux de dos intermittents depuis plus de 30 ans et, comme ceci peut également être un symptôme de récidive, elle est actuellement traitée comme si son cancer s’était métastasé. Sirkka a toujours été une personne saine et positive et elle apprécie quand les professionnels de la santé sont directs et lui fournissent toutes les informations essentielles.

Temps depuis le diagnostic
6 - 10 years
Phase de traitement
En rémission

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Je dois encore voir mon médecin à tous les trois mois. Maintenant ils soupçonnent que le cancer se soit métastasé dans ma colonne vertébrale. Ils ne sont pas certains parce que j’ai déjà eu un problème avec ma colonne. J’ai eu des maux de dos et des trucs comme ça. Je voyais un chiropraticien pour ça bien avant d’avoir le cancer. Mais on m’a refusé le TEP* (Tomographie par émission de positrons), donc ils ne peuvent être certains que le cancer est là ou n’est pas là. Ils me traitent donc comme si le cancer s’était métastasé mais personne ne peut dire que c’est effectivement le cas. Je continue de prendre mes médicaments depuis un peu plus de cinq ans maintenant. Je ne sais pas combien de temps cela va durer et je continue d’avoir des prélèvements sanguins et de voir le médecin à tous les trois mois. C’est à peu près ça…

Mon oncologue avait demandé un TEP mais les tenants du pouvoir, je ne sais pas qui ils sont, m’ont refusé le TEP. Je l’aurais subi et mon oncologue le demandait mais je n’étais pas une personne qui, comment dire, se qualifiait. Mais j’ai été refusée de toute façon. Mon oncologue a dit que par mesure de sécurité, c’est plus sûr de me traiter comme s’il était métastasé plutôt que de ne faire aucun traitement.

*TEP : un examen isotopique qui crée des images des fonctions et du métabolisme du corps.

 

 

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Lorsqu’est venu le temps d’informer le reste de ma famille, en fait j’ai simplement été voir mon frère. Il demeure au bout de la route et je n’ai pas vraiment fait de blague à ce sujet; je me suis bornée à être… Bon parce que ma belle-sœur a eu une masse quelque part sur sa poitrine, ma nièce a eu une masse ailleurs. J’ai simplement dit : « Bon tu sais celle-ci a eu une masse sur sa poitrine qui s’est avérée n’être rien et celle-là a eu une masse ailleurs qui s’est avérée n’être rien, et ensuite il y a moi. » Alors j’ai dit : « Bon j’ai une masse et c’est un cancer donc… » À partir de là, il en a informé le reste de la famille parce que j’ai une grande famille. Je ne voulais pas appeler tout le monde pour leur dire. De bouche à oreille, une personne l’a dit à une autre, et à une autre, mais mon époux et les enfants ont été merveilleux. Ma famille, le reste de ma famille, mes frères et mes sœurs, ils étaient toujours là quand j’avais besoin d’eux et ils m’ont offert beaucoup de soutien.

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Il y a eu un moment après m’avoir retiré la deuxième partie du filet. Il y a eu ces six semaines où j’ai dû avoir cette plaie ouverte dans mon abdomen. Je pense que c’est peut-être le seul moment où j’ai commencé à penser « Oh mon Dieu, est-ce que ça s’arrêtera un jour? » Ce fut la première fois où je me suis sentie vraiment dépressive. Mais mon époux m’a dit : « Tu sais quoi, accroche-toi parce que ça va finir. » Et bien sûr ce fut le cas et j’étais assez… Par la suite, les choses ont semblé aller mieux mais c’était comme un cercle vicieux de médecins, d’infections et de chirurgies. Je pense que j’ai eu sept ou huit chirurgies sur une période d’environ cinq ans; c’était juste trop. J’ai été en santé toute ma vie, je n’ai jamais été malade. J’ai été hospitalisée quatre fois et seulement parce que j’ai eu des bébés et ensuite une ligature des trompes. Cela mis à part, j’ai probablement été une des personnes les plus en santé qui soit. Puis tout à coup, c’est une chose après l’autre. C’était donc… c’était difficile.

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Cela aurait été bien si j’avais eu, si j’avais eu un peu plus de connaissances au sujet du filet, la façon dont le filet réagit dans ton corps. Je présume vraiment, j’aurais dû faire plus de recherche à ce sujet, mais en fait au moment où je suis allée là, je ne savais pas que j’étais pour avoir un filet dans mon corps. Je pense que c’était... la raison pour laquelle j’ai opté pour une reconstruction par lambeau TRAM* (Transverse Rectus Abdominis Muscle Flap) parce que je ne voulais pas de corps étranger en moi. J’ai pensé que mes seins seraient faits à partir de mon propre corps plutôt que quelque chose d’étranger dans mon corps. C’était quelque chose de vraiment important pour ma part, j’aurais dû faire plus de recherche à ce sujet. Alors je vous dirais de faire votre recherche, regarder différents sites, parler avec des personnes différentes. J’avais parlé avec une femme qui avait eu une reconstruction par lambeau TRAM et qui était très heureuse du résultat.

Maintenant une autre chose également que j’ai oublié de mentionner. J’ai dit que j’avais décidé de faire cela parce que je ne voulais pas de produits étrangers dans mon corps. Mais lorsque je suis retournée pour la deuxième chirurgie mes seins n’étaient pas... le sein droit était merveilleux, l’apparence était naturelle, la sensation est réelle, il est parfait. Le sein gauche était juste une petite bosse et j’ai dit au – c’est fait à Toronto – et j’ai dit au médecin là-bas, que bon, « Mais ils sont tellement différents. Je veux dire qu’ils ne sont pas... ce n’est pas un sein ». Elle m’a dit : « Nous pouvons diminuer l’autre ou nous pouvons faire qu’il concorde avec le sein droit. » Je lui ai répondu : « Je veux des seins, je ne veux pas des petites bosses. Je n’ai pas subi tout ça pour avoir des petites bosses. »  Et elle a dit : « Alors la seule façon que nous pouvons vous donner un sein gauche c’est de mettre un implant. » Ici j’ai résisté ou devrais-je dire, ici j’essayais de penser, j’essayais ou pensais que mon sein serait façonner à partir de mon propre corps. Maintenant j’ai un implant de toute façon parce qu’elle a dit qu’il n’y avait pas d’autre manière de me donner un sein gauche. Je pense que j’aurais dû le savoir depuis le début. Je ne pense pas que cela aurait dû être une réflexion après coup. Premièrement lorsqu’elle a mis l’implant, il était trop gros et elle l’a mis trop haut. Alors j’ai dû y retourner pour qu’elle baisse l’implant. J’ai comme été bernée sur ça parce que j’ai dit : « Maintenant j’ai un filet dans mon corps en plus d’un implant et ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. »

*      Reconstruction par lambeau TRAM : une section du bas ventre contenant des vaisseaux sanguins, de la peau, du gras et du muscle est coupée et utilisée pour la reconstruction mammaire.

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Ils ont été merveilleux. Je n’ai pas vraiment… Je fais du soutien personnel, alors beaucoup de… du soutien à domicile. Donc plusieurs personnes ne le savent pas, mais c’est évident que j’ai dû avertir mon supérieur immédiat et quelques personnes avec qui je travaille. Ils ont été très solidaires. Ils ont dit : « Tout ce que tu veux, dis-le nous. » J’ai été absente du travail pendant un an. Je n’ai eu aucun problème à revenir et ils ont été merveilleux.