Susanne

Susanne
Âge
47

Susanne a deux garçons de 11 et 9 ans et ne travaille pas présentement. Elle vit seule depuis sa séparation en octobre 2005.

 Susanne a été diagnostiquée le 18 mars 2009. Susanne a pris conscience de la possibilité d’un dépistage du cancer du sein lorsqu’elle a vu un étalage à son mail local. Elle a pris une carte et a téléphoné pour prendre rendez-vous. Sa première mammographie n’a révélé aucun problème mais la deuxième, un an plus tard, montrait des résultats anormaux. Son médecin l’a référée pour une biopsie qui a été effectuée le 5 mars 2009. Susanne fut reconnaissante que le chirurgien soit capable de faire une biopsie et une tumorectomie en même temps. Son médecin lui a appris deux semaines plus tard que les résultats de la biopsie démontraient qu’il s’agissait d’un cancer. Un rendez-vous avec le chirurgien fut pris la même journée. Une travailleuse communautaire l’a accompagnée afin qu’elle ne se rende pas seule à son rendez-vous. Susanne a eu cinq minutes pour prendre une décision à propos de son traitement et la travailleuse communautaire l’a guidée à travers les avantages et inconvénients des traitements et des interventions. Après sa biopsie du ganglion sentinelle où huit ganglions ont été retirés, elle a subi un curage axillaire et l’ablation de18 autres ganglions lymphatiques. Ce fut très difficile de vivre seule pendant la chimiothérapie et elle a subi les effets de la dysfonction cognitive à la suite de la chimiothérapie. Elle oubliait de prendre ses médicaments anti-nausée correctement au cours d’un cycle. Elle a continué d’aller prendre un café avec ses amis à tous les jours, même pendant sa chimiothérapie, alors que son système immunitaire était bas. C’était important pour elle de continuer à sortir et poursuivre ses activités quotidiennes, de ne pas arrêter de vivre et de prendre l’air.

 

Susanne a dû voyager 1600 km pour une consultation et pour la radiothérapie. Ce qui était le plus difficile dans le fait de voyager si loin, c’était de dire au revoir à ses jeunes garçons. Sa sœur demeurait à la ville et était capable de l’accompagner pour ses consultations. Cependant, ses parents ne l’ont pas visitée pendant ses traitements, ce qui fut très pénible pour Susanne. Elle devait l’accepter parce que c’était l’hiver et le voyagement aurait été difficile. Susanne s’est fait dire qu’ils (l’équipe d’oncologues, médecins, infirmières et techniciens) prendraient bien soin d’elle pendant ses traitements. Elle a également pu profiter du soutien offert par les bénévoles aux patients souffrant de cancer, des sessions de relaxation ainsi que du groupe d’entraide pour le deuil. Lors de son retour à la maison, ce type de soutien était non existant. Susanne aurait aimé avoir de l’aide d’un conseiller pour le deuil et la perte compte tenu de la mastectomie partielle et la perte de la santé causée par le cancer du sein. Elle a commencé une nouvelle étape le jour où elle a reçu son diagnostic et elle croit que depuis ce temps elle a appris à être reconnaissante et à vivre « le moment présent ». Elle vivait encore beaucoup de deuil et de perte en arrivant à la maison, comme un deuil posttraumatique.

 

Temps depuis le diagnostic
6 - 10 years
Phase de traitement
En rémission

Videoclips

Cliquez sur le titre d'un videoclip pour aller à la page.  Cliquez sur le bouton sous-titres pour ouvrir ou fermer la section sous-titres. 

Voir transcription

Oh me rendre à (ville en CB) était tellement difficile. La chimio elle-même, la préparation pour ça, avoir le sens de l’humour à ce propos. Notre vieil hôpital avait un très petit département de chimio. C’était une vieille chambre d’hôpital à quatre lits qu’ils ont transformée. Il y avait plein d’étagères de rangement mais ils l’avaient rendue réellement douillette. Parce qu’aussitôt que j’y suis entrée, ils ont été tapoter la chaise et ils m’ont dit : « Voici votre chaise ». Il y avait une couverture et un oreiller dessus ainsi qu’un coussin chauffant. Ils m’ont dit : « Prenez place dans votre chaise et réchauffez vos veines ». C’était tellement... nous plaisantons constamment à ce sujet. C’était comme « Venez vous assoir dans votre chaise et réchauffez vos veines », avec le coussin autour pour réchauffer vos veines afin de pouvoir insérer l’aiguille plus facilement. Et la première fois – il y a une compagnie locale qui a fabriqué un paquet de couvertures, roses pour les femmes et bleues pour les hommes – alors j’ai eu cette couverture et l’infirmière m’a recouverte immédiatement. C’était tellement spécial. Vous pouviez l’incliner et être confortable, mais les conversations étaient tellement décontractées. Les gens entraient –  l’Administration était au bout de la même aile – ils s’arrêtaient et parlaient, nous disaient « Salut » ou apportaient des fleurs, des friandises ou des biscuits et toutes sortes de choses, et c’était vraiment super.

Voir transcription

J’ai eu très peur de mourir. C’était vraiment inquiétant. À un moment donné lorsque je… au moment où j’étais encore en apprentissage et que je n’avais pas encore consulté l’Agence de cancer de la Colombie Britannique, lorsque je n’étais pas certaine si j’allais en mourir. Ce fut seulement après la consultation le 5 juin 2009 que je me suis sentie mieux; « Lorsque vous aurez terminé le traitement vous serez guérie à 80 %. » Je demandais alors… et ils n’ont jamais utilisé la rémission. Je ne sais pas si c’est parce qu’on ne l’utilise plus tellement mais lorsque les gens demandent : « Oh, tu es donc guérie? » et que je réponds : « Bien mon taux de guérison est de 80 %. Je suis assez contente de ça. »

Voir transcription

Oui. Alors j’y suis allée mais cet après-midi-là j’avais un rendez-vous avec une travailleuse communautaire de Women’s Outreach pour des problèmes qui n’avaient aucun lien avec ma santé. Mais immédiatement à ce moment-là elle m’a dit : « Bon, j’y vais avec toi. » Elle est donc venue avec moi rencontrer le chirurgien. Je suis contente qu’elle l’ait fait parce qu’on m’a donné cinq minutes pour décider quel traitement je voulais faire et c’était affolant. Alors elle était là. Elle a pris des notes et ensuite il m’a donné toute l’information : les pour et les contre de subir une mastectomie, est-ce que je veux avoir de la chimiothérapie, et elle était là afin de m’aider. Ok, voici ce à quoi nous avons à faire face, voilà les options et elle m’encourageait parce qu’il avait dit que j’avais cinq minutes pour décider. Alors oui, tu vas devoir le faire.

Cependant avec son aide j’ai été capable de décider et ensuite être à l’aise aussi avec ma décision, ce qui était formidable. Alors j’ai accepté de me satisfaire de la tumorectomie, et que la biopsie avait déjà été faite, et ensuite de subir la chimiothérapie et ensuite la radiothérapie. Je savais, ok, je présume que je suis maintenant sur cette voie et c’était alors la première journée.

 

Voir transcription

Elle (bénévole via les contacts de cancer) me parlait de son expérience, de ce qui l’a aidée, et c’était vraiment génial. Par le temps où je suis arrivée à (ville de la Colombie Britannique) au gîte pour le cancer, il y avait une note et une carte sur le lit et c’était de sa part. Ce fut mon inspiration et je l’ai collée au mur. J’étais là à Noël, en décembre, j’étais là au gîte jusqu’au 22 décembre et, oh non, le 22 c’était mon dernier traitement et je suis restée jusqu’au 23. Ensuite j’ai quitté et je suis allée à l’appartement de ma sœur. Et pendant tout ce temps, elle m’a inspirée et c’était vraiment chouette.

Voir transcription

Je suis célibataire depuis 2009 et je pense que je suis nerveuse à ce sujet maintenant que je suis disproportionnée. Ils ne sont même pas, et quelquefois je n’aime pas ça mais je… je ne sais pas. Maintenant je pense que je suis : « Oh bon, je suis différente des deux côtés comme qui…? » Même les deux côtés d’un visage sont différents. Alors je me dis : « Oh bon, ce n’est pas si grave maintenant. » Ensuite, si j’entamais une nouvelle relation, je serais probablement honnête au tout début et j’informerais la personne que quelquefois, exactement comme je suis maintenant, mais que cela pourrait me gênée un peu. Quelquefois en fait, avec mes chemisiers, spécialement si je porte une couleur plus claire, je vais porter un foulard autour de mon cou parce que ça cache la différence entre les deux côtés. Je ne veux pas que les gens passent des commentaires.