L’accès

L’accès à des établissements médicaux, à des professionnel·les de la santé et à des spécialistes traitant les maladies cardiaques est essentiel pour les patient·es souffrant d’insuffisance cardiaque (IC). Selon les témoignages de femmes atteintes d’IC, l’accès à ces services semble inégal selon les établissements et les régions, et dépend du type de problème cardiaque, de la situation géographique et de la disponibilité du personnel médical et des ressources. Les femmes ayant présenté des problèmes cardiaques soudains nous ont indiqué qu’elles avaient immédiatement bénéficié de soins spécialisés, et que l’accès à ces soins n’avait donc pas constitué un problème pour elles. Cependant, d’autres femmes ont rencontré de grandes difficultés pour accéder à des soins spécialisés, notamment si leurs symptômes cardiaques évoluaient de manière plus progressive et/ou si elles souffraient de pathologies sous-jacentes. Barbara explique comment ses symptômes de MPOC ont masqué son IC. « Je suis allée voir mon médecin généraliste et je lui ai dit : « Vous savez, quelque chose ne va pas. Mon cœur bat à tout rompre. Je ne peux pas marcher plus d’un demi-pâté de maisons sans m’arrêter », etc., il m’a regardée comme si j’avais trois trous dans la tête. J’avais eu deux épisodes de pneumonie et deux épisodes de pleurésie au cours des deux dernières années, et je fumais un paquet de cigarettes par jour. Ce sont là des indications qui, nous le savons aujourd’hui, justifient la réalisation d’une spirométrie. Lorsque j’en ai fait la demande, mon médecin de famille a pensé que je cherchais à profiter du système. Finalement, il a cédé et m’a laissée passer le test de spirométrie, un examen facile, simple et peu coûteux. Les résultats ont révélé que je souffrais d’une MPOC sévère et que j’avais déjà développé une insuffisance cardiaque. » La géographie a également eu une incidence considérable sur l’accès des femmes aux soins cardiaques. Les femmes vivant dans des zones rurales, isolées ou dans de petites villes ont déclaré que l’absence de cardiologues dans leur communauté les obligeait à parcourir de longues distances, voire à quitter leur province d’origine pour se faire soigner. Elles ont exprimé leur frustration de devoir appeler à plusieurs reprises les cabinets médicaux pour obtenir un rendez-vous ou de devoir se rendre à l’hôpital à plusieurs reprises pour tenter d’obtenir des soins. Elles ont également raconté avoir reçu peu ou pas de suivi de la part des prestataires de soins ou des cliniques, pour certaines, leur recommandation était perdue et elles n’avaient jamais reçu de soins.

 

Apparition soudaine

Une crise cardiaque soudaine, telle qu’un arrêt cardiaque, signifiait généralement que les femmes recevaient immédiatement de l’aide, étaient admises à l’hôpital et bénéficiaient de soins spécialisés sans avoir à en faire la demande. Cependant, les femmes qui vivaient cette crise à l’étranger avaient encore plus de mal à trouver un·e cardiologue ou à obtenir des soins cardiaques une fois de retour au Canada.

Ronda est reconnaissante d’avoir bénéficié d’un diagnostic et d’un traitement immédiats après son arrêt cardiaque soudain.

Témoignage écrit

I was immediately taken to the hospital. I was put in a medically induced coma and I woke up the next evening. And ironically enough I felt, or I knew it had to do with my heart and I don’t know how. I had been through a lot of emotional heartache over the years and I was just so thankful to be alive. I was diagnosed with at that time with non-ischemic dilated cardiomyopathy which was later determined that I have cardiac sarcoidosis. I was implanted with an ICD at the time and put on a lot of medications which took some getting used to.

[J’ai été immédiatement transportée à l’hôpital. On m’a plongée dans un coma artificiel, dont je me suis réveillée le lendemain soir. Ironiquement, j’ai senti, ou plutôt su, que cela avait un rapport avec mon cœur, sans toutefois comprendre comment. J’avais traversé de nombreuses épreuves émotionnelles au fil des ans, et je me sentais simplement reconnaissante d’être en vie. À l’époque, on m’a diagnostiqué une cardiomyopathie dilatée non ischémique, qui s’est avérée par la suite être une sarcoïdose cardiaque. On m’a implanté un défibrillateur automatique implantable (DAI) et prescrit de nombreux médicaments auxquels j’ai dû m’habituer.] Traduction de l’original anglais.

Debbie exprime sa gratitude pour les soins rapides qu’elle a reçus de sa médecin généraliste et du personnel de l’hôpital.

Transcription

I’m grateful to her, so much. You know because if she just kind of sent me home just ’rest and take 2 aspirin or whatever’, you know… And so I really attribute to her – is me making it and the emerg – like anything to do with the heart, […]

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Ginette a du mal à trouver un·e cardiologue dans sa région après avoir subi une crise cardiaque et un triple pontage coronarien en Floride.

Transcription

I couldn’t find a doc, a cardiologist for – I think I got back here in May and by December they referred me to somebody which I thought, I think I saw in January the year after. And it was probably about an hour interview. It was all question and […]

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Progression lente

Certaines femmes ont indiqué qu’elles avaient plus de mal à obtenir des soins spécialisés lorsqu’elles présentaient plusieurs symptômes et sollicitaient l’aide de leur médecin de famille, d’un·e cardiologue ou d’un·e médecin urgentologue. Elles se demandaient si l’accès aux soins pouvait être entravé par les attitudes et les préjugés des médecins, ou par des problèmes liés au système de santé (Voir notre page sur la Prestation des soins).

Deb s’est rendue à l’hôpital à plusieurs reprises pour une crise cardiaque, mais a été renvoyée à chaque fois.

Transcription

I went back to the hospital 6 times, twice a day for 6 days in a row. At one point there was one doctor that said to me ‘Oh Deb you’re feeling this way because you’re fat.’ Anyway, he sent me home. So by then, I had said to them […]

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Selon Naomi, le manque de communication a entraîné des retards dans ses soins, car elle a été transférée à plusieurs reprises entre deux hôpitaux.

Transcription

I think it really was just falling through the cracks of the system but when I returned to the hospital at the end of August with heart failure I should have gone to [cardiac center], but I went to the [trauma center]. They are completely different health authorities and so […]

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Appels répétés aux médecins

Certaines femmes ont mentionné des recommandations qui n’avaient jamais été envoyées ou reçues, ou l’impossibilité d’obtenir un rendez-vous. D’autres ont décrit un manque de suivi de la part des cliniques ou des services, ce qui les a obligées à se défendre elles-mêmes en appelant les bureaux à plusieurs reprises.

Comme elle n’avait reçu aucune information concernant son éventuelle opération cardiaque, Anne2 a pris l’initiative de contacter le·la chirurgien·ne.

Transcription

It was actually my cardiologist here who was supposed to refer me – that was supposed to be in June. Come August I hadn’t heard anything. And I wasn’t getting any answers here [home city] so I actually called [larger city] myself and asked if they had received my referral. […]

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Malgré l’aggravation de ses symptômes, Amanda a continué à être ignorée par son·sa cardiologue.

Transcription

So I kept calling this cardiologist, I was like, ‘Something’s wrong, I can’t eat, I can’t – there’s no way I can retain anything.’ And again, I was dismissed and, ‘Just wait for the pills to work, you’ll be fine.’ Fast forward, I was not fine. So maybe about a […]

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Anne1 n’a jamais reçu de suivi de la part de sa clinique et a dû se débrouiller seule.

Transcription

I was told to call the clinic if I had problems. Now the clinic – they do the very best they can. They’re incredibly busy, so I wasn’t surprised when I didn’t hear from them again, because I didn’t call them, so they just assumed everything was fine. But I […]

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Votre lieu de résidence est important

Il influence les types de services de santé auxquels vous avez accès. Les femmes vivant loin des grandes villes ont notamment indiqué qu’elles n’avaient pas accès à des professionnel·les de santé spécialisé·es, comme des cardiologues ou des chirurgien·nes cardiaques. Elles devaient parcourir de longues distances pour se rendre aux urgences et bénéficier de soins aigus, puis continuer à le faire pour les examens et les soins de suivi.

Jennifer a dû parcourir de longues distances pour se rendre aux examens et assurer le suivi jusqu’à ce que des services plus proches de son domicile soient disponibles.

Témoignage écrit

And I felt fortunate that that doctor was actually in my hometown. Because in the testing I had done earlier, I had to travel four hours to Vancouver and see a couple of doctors there and I had to return to get a biopsy and return to get a nuclear test that are not available in my hometown.

[Je me suis sentie chanceuse que ce·tte médecin exerce dans ma ville natale. En effet, pour les examens que j’avais précédemment passés, j’avais dû parcourir quatre heures de route jusqu’à Vancouver pour consulter plusieurs médecins, puis revenir pour subir une biopsie et passer un examen nucléaire, qui n’étaient pas disponibles dans ma ville natale.] Traduction de l’original anglais.

Les femmes ont exprimé des difficultés majeures à trouver un·e cardiologue et à obtenir des rendez-vous dans les délais souhaités. Le manque de spécialistes en cardiologie et en insuffisance cardiaque représente un défi majeur pour les populations vivant dans les petites villes. Ces patient·es doivent souvent parcourir de longues distances ou être transporté·es dans d’autres provinces pour recevoir des soins. Tara a entendu parler de ce problème chez de nombreuses femmes : “I know from my work supporting other women that this has been their experience – they’ve had a really hard time finding cardiologists. They feel there’s a big gap. They’ve been diagnosed with this and they go home and they’re like ‘OK, find a cardiologist’ and it’s like ‘where are they hiding?’ – you can’t find one”. [« Je sais, grâce à mon travail auprès d’autres femmes, que c’est ce qu’elles ont vécu. Elles ont eu beaucoup de mal à trouver un·e cardiologue. Elles ont le sentiment qu’il y a un grand vide. On leur diagnostique la maladie, elles rentrent chez elles et se disent : ‘Bon, il faut que je trouve un cardiologue’, mais c’est comme si l’on se demandait : ‘Où se cachent-ils?’ On n’en trouve pas. »] Traduction de l’original anglais. Barbara partage ce sentiment : “if you are not in the city centre or right in the core, you are getting sublevel care. There’s just not the specialists, you know.” [« Si vous n’habitez pas en centre-ville, vous recevez des soins de qualité inférieure. Il n’y a tout simplement pas de spécialistes. »] Traduction de l’original anglais.

Louise décrit l’impact de l’absence de cardiologues dans sa région.

Témoignage écrit

I lived in a small Alberta city, and there wasn’t any cardiology or specialists there. After learning that I had a silent heart attack in 2011, my family doctor sent me to a local family doctor who had an interest in geriatrics. I was 57. The new doctor sent me for a stress test and then I never heard anything again. I continued with the same heart medications. Five years later when I was hospitalized for a different health issue, my heart meds were dropped from 4 to 1. I noted it, but trusted my doctor and continued on. Three months later, in Feb 2016, I had a STEMI heart attack. Also called a Widowmaker. There was no cardiac intervention available to save me. And so the ER used clot-busters and flew me to Calgary, which was 300 kilometres away. I was there for 12 days. Having no emergency heart help available within the ideal of 90 minutes did irreversible damage. But I was lucky and survived.

[Je vivais dans une petite ville de l’Alberta où il n’y avait ni cardiologue ni spécialiste. Après avoir appris en 2011 que j’avais fait une crise cardiaque silencieuse, mon·ma médecin de famille m’a orientée vers un·e généraliste local·e spécialisé·e en gériatrie. J’avais alors 57 ans. Le·la nouveau·lle médecin m’a prescrit un test d’effort, puis je n’ai plus eu de nouvelles. J’ai continué à prendre les mêmes médicaments pour le cœur. Cinq and plus tard, lorsque j’ai été hospitalisée pour un autre problème de santé, le nombre de mes médicaments pour le cœur a été réduit de quatre à un. J’ai remarqué ce changement, mais j’ai fait confiance à mon·ma médecin et je n’ai rien dit. Trois mois plus tard, en février 2016, j’ai fait une crise cardiaque STEMI, également appelée « veuve noire ». Aucune intervention cardiaque n’était disponible pour me sauver. Les urgences ont dont utilisé des thrombolytiques et m’ont transportée par avion à Calgary, à 300 kilomètres de là. J’y suis restée 12 jours. L’absence d’une aide cardiaque d’urgence dans le délai idéal de 90 minutes a causé des dommages irréversibles. J’ai toutefois eu de la chance et j’ai survécu.] Traduction de l’original anglais.

Même après avoir déménagé, Dido avait encore du mal à trouver un·e cardiologue, en raison de la pénurie de médecins et des longues listes d’attente.

Transcription

There was no cardiologist to speak to. So when I ended up in the hospital one of the cardiologists that I saw seemed to be completely disbelieving my story and did not believe that I had a cardiologist in [previous city]. I had left [previous province] with this report and […]

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Joanne évoque le manque de cardiologues dans sa région et explique à quel point il était essentiel pour elle de consulter un deuxième avis dans un centre plus important afin de bénéficier de soins.

Transcription

Another issue with being [up north] is that we don’t have cardiologists so you have to go outside. You have to get a referral out of town and you basically have to go wherever they send you. But because I felt that I wasn’t getting the care, I wanted a […]

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Lorsqu’elle a appris qu’elle devait quitter la province pour suivre un traitement cardiaque, Amanda a été bouleversée et a pris conscience que sa vie ne serait plus jamais la même.

Transcription

The same cardiologist I was referred to came in and said to me ‘Ya – none of the medications are working for you. [home province] can’t help you anymore’. And he said ‘so I called my colleagues in [new province] and they have accepted your case and you’ll be medevacked […]

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Dernière mise à jour2024-08