Hôpitaux et établissements de soins

Transcription

Lorsque nous prenions une décision sur le chemin à prendre, nous avons vu l'intérieur de certains établissements de soins et je me suis dit : « Non, à ce moment-ci je ne peux pas faire ça. Je ne me vois pas la placer là quand on peut encore rester dans notre maison en autant que je peux composer avec ça. » Et je suppose que c'est une des clés : « en autant que je peux composer avec ça ». Non, l'option est là et c'est notre système de santé. C'est très inadéquat quand il s'agit de mon groupe d'âge et des personnes de mon groupe d'âge qui ont une maladie grave ou des handicaps. Je sais que les gouvernements essaient de parvenir à un équilibre. Il y a seulement un certain montant d'argent et il n'y a rien qu'on puisse faire. Nous devons vivre avec ça. Mais la situation pour ce groupe de personnes, en ce qui me concerne, est déplorable, très pauvre.

Je ne pense pas qu'aucun gouvernement au Canada, aucun gouvernement provincial, est mieux que ce que nous avons ici. Je ne peux dire ça sans équivoque parce que je n'ai pas fait l'expérience dans d'autres juridictions. C'est seulement qu'ici, le soutien aux personnes handicapées âgées est déplorable. Il n'y a pas suffisamment d'établissements de soins. Pour cette raison, ils sont bondés et ils manquent de personnel. Il y a des établissements de soins privés qui sont gérés par des corporations et qui sont très bien. J'en ai vu quelques-uns, peut-être trois. Ce sont des endroits très bien mais vous devez être capables de débourser 8000 $ par mois, et nous en sommes incapables. Alors nous n'avons pas d'option; nous devons nous contenter de ce que le gouvernement nous offre, et ce n'est pas vraiment une option. Franchement, c'est toute une option. C'est une connerie d'option – vous pouvez effacer ça plus tard ou le laisser; c'est comme vous voulez. C'est ce que j'en pense. […] C'est se retrouver dans une bien mauvaise posture. Ça l'est vraiment et il n'y a rien qu'on peut faire; nous devons l'accepter.

Finalement, nous avons découvert que nous pouvions nous qualifier pour le programme CSIL. Et alors nous savions que nous avions cette autre option, et nous avons choisi cette option. Il y a plein d'implications dans cette décision; il y avait du positif et du négatif dans les deux choix. Un des côtés positifs d'un établissement de soins pour elle c'est qu'elle pourrait socialiser avec des gens dans l'établissement, alors que là où nous sommes, nous demeurons dans un chemin subdivisé près de l'aéroport et nous devons prendre la voiture pour tout. Vous ne pouvez aller nulle part à pied – elle ne peut pas marcher de toute façon – et la subdivision est sur la colline. Alors il y a cet avantage à être dans un établissement de soins où elle aurait beaucoup plus accès à des personnes et à des activités sociales; jouer au bridge, ou autres, ce genre de choses. Mais nous avons choisi de demeurer dans notre maison parce qu'au fil des ans la maison a été aménagée pour utiliser un fauteuil roulant et ça fonctionne bien. Ça fonctionne réellement bien. C'est une jolie maison et nous y sommes confortables. Nous avons fait plusieurs changements au fil du temps et nous apprécions ce secteur avec ses désavantages. Aucune des aides familiales ne conduit. Les deux autres personnes que nous avions auparavant conduisaient et c'était bien parce qu'elles pouvaient amener [ma femme] à ses rendez-vous, elles pouvaient aller à l'épicerie. Mais aucune des deux vivant avec nous maintenant ne conduit. Donc c'est moi qui suis le chauffeur pour tout et c'est très fatiguant.

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