L'évolution des soins au fil du temps

Transcription

J'ai eu une espèce de soulagement lorsque mon mari est décédé. C'était un grand soulagement. J'avais une bande d'oppression sur ma poitrine et quand je me suis réveillée le lendemain matin – en fait je n'ai pas dormi cette nuit-là – mais lorsque je me suis réveillée au cours de la journée, la bande autour de ma poitrine était partie. Mon fils a raconté la même chose. Il est très près de son père et il a dit : « Tu sais quoi? Je me sens mieux. » Je ne sais pas s'il s'agit du poids sur les épaules, ou exactement ce que c'est, mais ça allait beaucoup mieux comme ça. Je me demandais tout le temps s'il allait, si Dave allait souffrir. S'il serait des jours sans manger parce qu'il avait dit qu'il ne voulait aucune intervention; il voulait simplement mourir naturellement. Et si j'étais pour le voir lutter et cesser de respirer, s'il était pour agiter ses bras et ses jambes, et si j'en serais témoin. Je ne savais tout simplement pas ce que je verrais ou ce qui m'attendait. J'avais pris la responsabilité mais honnêtement je ne savais pas, je ne savais pas ce que j'allais voir le dernier jour. C'est très réconfortant pour moi de le voir mourir de cette façon. C'était prévisible mais bouleversant cette journée en particulier. Je n'ai jamais pensé que ça se passerait ainsi mais je suis contente que ce soit le cas.

Comment vous ajustez-vous à la période qui suit?

J'ai dormi. J'ai dormi. J'ai dormi 12 heures, 14 heures, plusieurs heures. Je suis restée seule. Plusieurs personnes ont voulu venir. Mon fils et moi sommes restés seuls. J'ai seulement dit que je voulais être seule. J'étais en deuil depuis longtemps. Cela n'a pas commencé aujourd'hui, ni hier. Alors pour nous, mon fils et moi, nous voulions demeurer seuls. Notre fille, sa sœur, est venue d'Europe ainsi que son mari. Et nous sommes restés ensemble tous les cinq, nous quatre maintenant, nous quatre. Et c'est de cette façon que nous avons passé notre temps après. Mon fils fut d'un grand soutien pour moi. Il m'a dit : « Tu as fait du bon travail. » Ma fille aussi me l'a dit. Ils n'ont pas toujours pensé que je faisais du bon travail mais c'est ce qu'ils m'ont dit à la fin.

Je suis retournée au travail. J'ai fait davantage d'heures. Je suis très triste et l'autre chose qui me manque c'est la présence de mon mari. Je n'ai pas besoin de compagnie tout le temps et je ne voudrais pas avoir toujours de la compagnie. C'est seulement la présence de mon mari qui me manque. Donc d'inviter des gens ou d'avoir de la compagnie ne serait pas la solution. Mais le service s'est bien déroulé. C'était un très beau service. Et Dave n'a pas été impliqué. Il ne voulait pas en parler, ni rien. Donc il a dit : « Tu t'en occupes ». Et je l'ai fait. J'aurais aimé qu'il m'aide mais il ne l'a pas fait. Je me suis occupée de ses vêtements et je les ai donnés. Comme je disais, je suis retournée au travail et c'est bien. C'est bien. Et je dors.