Tenter d'établir un juste équilibre

Transcription

Je pense qu'il y a certainement eu des moments comme ça. […] Nous étions nouveaux mariés et mon grand-père est décédé, alors nous avons essentiellement aménagé un espace pour nous dans la maison où ma mère habitait avec ma grand-mère. Et c'était bien à ce moment-là parce que nous étions nouveaux mariés et que nous commencions nos carrières professionnelles de toute façon. Cela a fonctionné pour tout le monde.

Je pense que la première étape importante pour nous fut quand nous avons eu notre première fille – et que nous en avions une autre en route – nous nous sommes retrouvés face à la réalité de la situation, telle qu'elle était, […] qui favorisait grandement la situation de ma mère au détriment de la mienne. Je pense qu'il y avait deux façons de faire dans une situation comme celle-là; nous nous éloignons et nous concentrons sur ce qui est bon pour un de nous. En retournant en arrière alors que j'avais cinq ans et que j'étais capable de la calmer, je pense qu’en réalité nous avions reconnu que mon implication dans ses soins était bénéfique pour elle. C'était au moment où ma jeune famille s'agrandissait, que la balance était hors de contrôle et que nous devions trouver un certain équilibre.

L'équilibre que nous avons trouvé était de déménager. Nous avons acheté notre première maison et nous avons essentiellement fait volte-face. Nous sommes partis d'une maison où nous occupions une petite portion – le sous-sol – à notre première maison. Nous avons modifié le sous-sol; ma mère était au sous-sol, ce qui était tout ce dont elle avait besoin en terme d'espace. Ensuite, ma famille occupait le reste de la maison. Ce fut certainement un temps où nous avons dû rééquilibrer et inverser la situation je pense.

Les autres fois […] en cours de route ce fut les besoins de ma mère, quand c'était du travail – principalement du travail pour moi, mais certainement avec les enfants et j'utilise l'exemple des fins de semaine. Pendant un temps j'ai travaillé du lundi au vendredi et pendant mes fins de semaine – quand les enfants étaient petits et qu'ils faisaient la sieste, etc. et qu'ils ne faisaient pas toutes ces choses merveilleuses qu'ils font maintenant – c'était le temps où j'étais le plus disponible pour être un proche aidant et c'était facile de l'être. Ensuite avec les changements et les enfants qui grandissent, mes fins de semaine sont devenues plus difficiles à gérer. Alors cela a demandé encore un changement. Pour être équitable envers les besoins de ma mère qui changeaient, je ne pouvais faire les deux. Je ne pouvais plus en quelque sorte jongler. C'est un autre point où cela demande l'acceptation du fait que c'est assez difficile de séparer les besoins des deux. À moins que quelqu'un me dise ceci, je pense que ma mère est mieux de m'avoir dans sa vie pour ses soins.

Mais en même temps, on doit reconnaître que je ne lui suis d'aucune utilité si le reste de ma vie au travail n'est pas en harmonie. Ce n'est pas une chose fixe, je pense que c'est un processus dynamique. Maintenant mes enfants sont […] au secondaire et cette année a été un tourbillon pour s'adapter aux différents horaires [et] activités. Mon plus jeune est maintenant impliqué sur une base régulière dans des activités parascolaires récréatives qui nécessitent mon implication; ce qui veut dire que nous devons une fois de plus jongler avec la situation.

L'année dernière, mon épouse a reçu un diagnostic de cancer du sein et c'est un autre point important dans notre périple qui demande de l'organisation. […] Ayant participé à l'expérience de mes parents en tant que jeune famille alors que ma mère a souffert d'un traumatisme crânien, je sais que pour moi la leçon de vie – s'il y en a une qui ressort de tout ça – [c'est que] ma mère ne s'attendrait à rien de moins de moi que de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour me concentrer sur les traitements et les soins de mon épouse, même si cela veut dire qu'au cours de la dernière année j'ai été moins disponible pour ses soins personnels. Ce qui veut dire que nous avons dû, si vous voulez, payer des aidants et d'autres ressources auxquelles nous avons dû faire appel pour soutenir les besoins de ma mère, avec l'objectif ultime d'essayer de garder sa vie aussi familière et continue que possible.

Mais je pense que la bonne nouvelle c'est que mon épouse va bien; elle est en santé et nous avons réussi à passer au travers. Mais cela n'a certainement pas été le seul temps et ce ne sera pas le dernier [auquel nous devrons faire face] que l'équilibre […] entre garder le meilleur intérêt de ma mère et ses besoins immédiats en harmonie, de façon réaliste, avec ce que nous pouvons faire pour elle et également ce que j'ai besoin de faire pour ma famille et ma vie personnelle. C'est un processus continue, n'est-ce pas?