Tenter d'établir un juste équilibre

Transcription

Je pense que présentement elle veut plus de temps pour faire les choses par elle-même, plutôt que je sois là. C'est ce que je pense. C'est terrible de dire ça. Encore une fois, les proches aidants ne semblent pas échanger beaucoup sur ces choses avec la personne dont ils prennent soin parce que vous ne voulez pas les insulter, vous ne voulez pas qu'ils se sentent mal à l'aise, vous ne voulez pas qu'ils se sentent coupables parce que vous ne faites pas quelque chose. Mais si vous leur dites, alors vous allez vous sentir coupable parce que vous les faites sentir coupables. Ça devient un cercle vicieux et c'est pourquoi je dis que ça prend un certain temps pour s'habituer. Plusieurs de ces choses ne me touchent plus. Je suis capable de dire « Bon, je m'en vais au golf ». Et j'ai pratiqué aujourd'hui. Je suis parti et j'ai pris une leçon de golf aujourd'hui. Je reviens, « Comment s'est passée la leçon de golf, est-ce que tu as bien réussi? » Ce que je veux dire c'est que Judy est très bien là-dessus.

Ce que je vois, selon la progression de cette maladie chez ma femme, je sais qu'à un moment donné – espérons un autre cinq ans ou même plus, et peut-être que ça n'arrivera jamais – je vais devoir passer plus de temps ici, parce que […] elle marche encore mais avec difficulté et très bientôt – je ne devrais pas dire très bientôt, mais éventuellement – elle aura besoin d'un fauteuil roulant pour se déplacer d'ici à la chambre. Je sais que ça s'en vient, donc j'essaie de prendre le plus de temps possible à l'extérieur mais je ne peux pas en prendre trop non plus. Mais je sais que maintenant, et elle le sait aussi, que c'est ce qui va arriver éventuellement. Alors nous allons devoir y faire face lorsque viendra le temps, et je n'ai pas hâte, parce que j'ai besoin de temps pour moi et c'est le cas de tous les proches aidants.