Malika

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Âge
37

Malika (37 ans) est mariée et a deux jeunes enfants qui ont trois et huit ans.  Elle a travaillé comme agent du bureau mais est actuellement en congé de maladie.

 

Malika a été diagnostiquée en 2013.  Sa mère avait été diagnostiquée et traitée pour un cancer du sein il y a douze ans, mais elle a eu une récidive en 2012.  Un autre membre de sa famille, sa cousine, est décédée récemment d’un cancer du sein. L’année dernière, Malika est retournée dans son pays d’origine pour être avec sa mère qui était mourante.  Pendant qu’elle était encore dans son pays et après la mort de sa mère, Malika a senti une douleur dans son sein gauche.  Dès  son retour au Canada, elle a subi un examen. Après avoir subi une échographie et une mammographie le médecin  l’a informée qu’elle n’avait qu’un kyste.  Malika, qui allaitait encore son plus jeune enfant, n’avait pas confiance dans les résultats et a demandé un deuxième avis.  Le deuxième médecin a immédiatement soupçonné qu’il ne s’agissait pas seulement d’un kyste et a effectué une biopsie de sa masse.  Les résultats ont indiqué qu’il s’agissait d’un cancer du sein, mais dans son sein droit et non dans le sein gauche comme elle le soupçonnait.  Ce fut difficile pour Malika de recevoir ce diagnostic si tôt après la perte de sa mère. C‘est aussi la raison pour laquelle Malika a décidé de ne pas en informer ses proches immédiatement car elle ne voulait pas les blesser davantage.  Éventuellement, elle a informé ses enfants et son fils semble bien prendre la nouvelle tandis que sa fille est encore trop jeune pour vraiment comprendre ce qui ce passe.  Après son diagnostic, Malika a connu les longs délais d’attente pour une test . Pour cette raison, elle a décidé de se tourner vers le secteur privé pour ses examens afin d’accélérer le processus. Peu après, elle a subi la chimiothérapie suive d’une double mastectomie suivie de chimiothérapie. Maintenant elle sait qu’elle est atteinte d’une forme génétique de cancer du sein et aurait souhaité le savoir auparavant; elle aurait alors pu prendre des mesures préventives. Malika a décidé de partager son histoire car elle veut encourager les femmes qui ont un proche atteint de cancer du sein à se faire examiner pour un cancer du sein génétique.

Temps depuis le diagnostic
2 - 5 years
Phase de traitement
En traitement

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Reconstruction immédiate... Le but pour moi, je me suis dit : « Je dois sauver ma peau, ma vie. L’esthétique, c'est après, on y pensera. Mais dans l'immédiat, ce sont mes traitements, c’est sauver ma peau... ». J’essaie de survivre à ça et après on verra parce que je me dis...

Pour moi, je suis pragmatique... C’est une question de priorité. L’esthétique viendra plus tard. Franchement, je ne savais pas comment je réagirais. Je ne savais pas. J’avais davantage peur de la reconstruction parce que je ne savais pas si j’aurais de la radiothérapie, en sachant que j’avais quelque chose à l’intérieur de moi... J’avais plusieurs questions parce que... Mais même la reconstruction c’est encore deux chirurgies. Bon c’était... Même si c’était immédiatement mais je devais être opérée une seconde fois. Est-ce que je suis prête à subir ça et d’aller à toutes les semaines, aller gonfler l’expanseur qu’ils allaient installer? Est-ce que... Je n’avais pas assez de force pour tout ça. Alors je me suis dit, aussi bien... Je dois premièrement sauver ma vie et ensuite nous penserons à l’esthétique et en sachant que je devrais subir une autre chirurgie; parce que je dois subir l'ablation des ovaires et des trompes de Fallope parce que je suis porteuse du gène GBR.

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Le diagnostic, je ne sais pas. Depuis longtemps je savais que j’allais l’avoir! Je ne sais pas pourquoi, parce que ma mère, elle l’a eu jeune. Il y a beaucoup de cancer du sein dans ma famille. Donc je le savais que j’allais l’avoir, mais pas à ce moment-là, six semaines après le décès de ma mère. C’était trop, trop de choses. Ce qui a été difficile pour moi, ce n’est pas le diagnostic, le cancer. Je ne savais plus si c’était le cancer, le deuil! Il y avait un mélange de sentiments, mais le cancer en lui-même ne m’a pas effrayée.

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Bien et là je n’ai pas vu mon médecin, il était en vacances. J’ai vu un résident, on m’a prescrit une échographie et j’ai été la faire dans un centre de radiologie. On m’a passé l’écho et moi j’avais insisté pour avoir une mammographie aussi, sachant que j’allaitais en même temps! J’avais ma fille de 2 ans que j’allaitais encore à cette période-là. J’ai fait une échographie, une mammographie, et le radiologiste qui m’a fait l’échographie, il m’a fait l’échographie du sein gauche. Et il est parti. Et là je l’ai rappelé, je lui ai dit : « Écoutez, vous avez oublié le sein droit. » Il est revenu, il m’a fait l’échographie du sein droit. Tout est ok, c’est un kyste. Mais je ne sais pas, quelque chose en moi qui me disait : « Allez-y, obtiens un autre avis. » Parce que je suis sortie de là, on m’a dit : « Vous n’avez rien, ce sont juste des kystes. » Je suis revenue voir le médecin de famille. Bon mon médecin de famille était en vacances. Je suis revenue voir le médecin qui m’a prescrit l’échographie, la requête. Il m’a donné le résultat, il m’a dit : « C’est rien, c’est un kyste » et tout ça. Et puis j’ai dit : « Écoutez, je veux un deuxième avis. Je veux voir un spécialiste des seins. » Donc on m’a envoyée dans un autre centre. J’ai pris rendez-vous la semaine d’après, et là le médecin qui m’a vue, il a palpé le sein droit et il m’a dit : « Écoutez, ce que je palpe là, c’est dur, ce n’est pas un kyste. »

 

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Ceux qui nous harcèlent avec la pensée positive, c’est ce que je… Moi c’est ce qui me déplaît un peu plus, c’est quand ils commencent à… Les gens commencent à dire « Non, mais il faut penser positif, il faut être positif! ». Mais non! Mais non! C’est bien beau de le dire parce qu’on est de l’autre côté de la barrière, mais quand on le vit réellement, c’est normal de penser à la mort, c’est normal de penser à la récidive, c’est normal de dire : « Que j’en ai marre d’avoir ces moments de colère, ces moments de déprime! » Il ne faut pas encore en rajouter en culpabilisant la personne. « Non, il faut que tu sois… Non, il faut que tu sois positif. »

Oui, la… comment ils disent, la moitié de la guérison… 50 % de la guérison, c’est le moral. On peut être déprimée et pessimiste, et guérir! Et optimiste, on fait tout et c’est ça! Donc il n’y a rien! Il n’y a pas une règle générale, tout est… À chacun son cancer, à chacun sa réponse, à chacun ses sentiments, à chacun… Puis regarde comment il est… Il ne faut pas essayer de mettre tout le monde dans le même moule, et de dire « Non, il faut être positif. »

 

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Au mois de septembre. Ouais, j’ai eu… J’ai été diagnostiquée début septembre. Le 6 j’ai eu mon résultat; le 5, j’ai passé l’examen, l’écho et la biopsie. Donc c’était l’attente de faire tous les examens, d’avoir des rendez-vous dans les délais. Quand on a le cancer, on a hâte de commencer le traitement. L’attente était infernale! Et là j’ai décidé d’aller faire mes examens, les *CT scan, les deux CT scans, abdominal et thoracique, dans le privé. Parce qu’attendre au 20 novembre, psychologiquement je n’aurais pas tenu, non. Alors j’ai refusé.

* CT scan: scan du corps produit par des faisceaux de rayons X sur les structures internes du corps.

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Bien, je n’ai pas vu mon médecin, il était en vacances. J’ai vu un résident, on m’a prescrit une échographie. J’ai été la faire dans un centre de radiologie. On m’a passé l’écho, et j’avais insisté pour avoir une mammo(graphie) aussi, sachant que j’allaitais en même temps. J’avais ma fille de deux ans, que j’allaitais encore à cette période. J’ai fait une écho(graphie), une mammo(graphie) ; le radio(logiste), qui m’a fait l’échographie, il m’a fait l’échographie du sein gauche. Et il est parti. Et je l’ai rappelé, je lui ai dit : « Écoutez, vous avez oublié le sein droit. » Il est revenu, il m’a fait l’échographie du sein droit. « Tout est ok, c’est un kyste c’est tout. » Mais je ne sais pas, quelque chose en moi, qui me disais : « Allez-y, vois un autre avis. » Parce que, je suis sortie de là, on m’a dit : « Vous n’avez rien, ce sont juste des kystes. » Je suis revenue voir le médecin de famille. Bon! Mon médecin de famille était en vacances. Et je suis revenue voir le médecin qui m’a prescrit l’échographie, la requête. Il m’a donné le résultat, il m’a dit : « C’est rien, c’est un kyste. » et tout ça. Et puis j’ai dit : « Écoutez je veux un deuxième avis. Je veux voir un spécialiste des seins. » Donc on m’a envoyée dans un autre centre.

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Ah! Oui, oui! Il faut être patient avec les personnes… parce que quand on est… on a cette maladie, on devient… Je ne sais pas comment, on se referme, on se sent… pas seule mais on est en colère. On se dit : « Pourquoi c’est nous? Pourquoi, c’est moi? » Et c’est bien d’être entourée. C’est bien d’être bien entourée. Et puis qu’ils… Ceux qui nous harcèlent avec la pensée positive, c’est ce que je… Moi c’est ce qui me déplaît un peu plus, c’est quand ils commencent à… Les gens commencent à dire « Non, mais il faut penser positif, il faut être positif! » Mais non! Mais non! C’est bien beau de le dire parce qu’on est de l’autre côté de la barrière, mais quand on le vit réellement, c’est normal de penser à la mort. C’est normal de penser à la récidive. C’est normal de dire : « Que j’en ai marre d’avoir ces moments de colère, ces moments de déprime! » Il ne faut pas encore en rajouter en culpabilisant la personne. « Non, il faut que tu sois… Non, il faut que tu sois positif. »

Oui, la… Comment ils disent, la moitié de la guérison… 50 % de la guérison, c’est le moral. On peut être déprimée, et pessimiste et guérir! Et optimiste, on fait tout et c’est ça! Donc il n’y a rien! Il n’y a pas une règle générale, tout est… À chacun son cancer, à chacun sa réponse, à chacun ses sentiments, à chacun… Puis regarde comment il est… Il ne faut pas essayer de mettre tout le monde dans le même moule, et de dire… « Non, il faut être positif. » Ça m’énerve.