Nadia A

75
Âge
75

Nadia (A - 75 ans) est née à Trinidad mais elle vit au Canada depuis plus de 50 ans.  Elle a deux enfants et trois petits-enfants et vit avec son fils.

 

Nadia (A) a appris qu’elle avait un cancer du sein il y a une semaine.  Elle a trouvé la masse elle-même alors qu'elle était dans la douche. Peu de temps après sa découverte, elle a dû se présenter à l'urgence pour un autre problème de santé et a été admise à l’hôpital.  Les médecins ont découvert la masse et se sont assurés qu’elle subisse les tests pendant son séjour à l’hôpital. Durant la courte période qui a suivi son diagnostic, Nadia (A) a été obligée de faire beaucoup de changements et prendre beaucoup de décisions.  Par exemple, au début il lui était impossible de prononcer les mots cancer du sein et ce n’est qu’après une semaine qu’elle a été capable de prononcer ces mots. Elle en a informé les membres de sa famille immédiate, mais pour le moment, elle ne veut pas que ses amis le sachent. Une fois son sein enlevé, elle pense que les choses pourront revenir à la ‘normale’.  Sa fille, qui travaille dans un hôpital, lui fut indispensable pour l'aider à comprendre le diagnostic et la guider à travers le système de santé.

 


 
Temps depuis le diagnostic
0 -1 year
Phase de traitement
En traitement

Videoclips

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J’ai tellement peur, chaque fois que j’entends parler de chirurgie, j’ai peur et aussi de faire enlever mon sein. Mais je pense que maintenant la meilleure chose pour moi est de le faire enlever parce que j’ai peur que celui-ci se répande dans mon corps.

Intervieweur : Est-ce que le fait que votre corps change, est-ce que cela vous affecte beaucoup? Que votre sein sera enlevé?

Cela m’affecte un peu mais maintenant que je commence à réaliser bon, je n’ai pas besoin d’avoir cela là. C’est mieux de le faire enlever et de m’en débarrasser, et je vais continuer à vivre une vie normale avec peut-être un sein. J’espère que l’autre sein ne sera pas atteint mais non, non ça ne me dérange pas. Je veux seulement m’en débarrasser, qu’on en finisse.

Mais maintenant, je sens oui que c’est positif. Je devrais l’enlever et m’en débarrasser comme je l’ai déjà dit; m’en débarrasser c’est le côté positif que j’ai réellement. Fais-le, peu importe ce qui arrive qu’on en finisse. C’est là, ça doit sortir, je ne veux pas le garder et mourir si j’ai encore dix ou 15 ans à venir. Laissez-moi me débarrasser de cette chose, c’est mon côté positif. Maintenant quelquefois je ne m’inquiète pas de ça. Je me dis, écoute il faut qu’il sorte, laisse faire. Quand ce sera le temps, peu importe ce qui va arriver, arrivera. C’est ce que j’en pense maintenant.

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(Je pense) Ils me regarderaient différemment et peut-être qu’ils parleraient entre eux : « Regarde (nom de la personne). » Mon nom est (nom de la personne), « Elle vit avec un seul sein et je me demande ce qui est arrivé, pourquoi? Comment va-t-elle? Qu’est-ce qui se passe? » Quelquefois nous nous rencontrons à certains endroits pour un café, un thé ou quelque chose, et peut-être que ça ne se produirait plus parce qu’ils pourraient me regarder différemment parce que j’ai perdu un sein. C’est comme ça que je me sens, je dis comment je me sens.

C’est comme ça que je me sens. Si mes amis ne savent rien, c’est mieux pour moi. Parce que même quand je suis habillée et que je sors, ils ne verront rien. Selon ma façon de m’habiller, ils ne pourront pas voir qu’il manque un sein. C’est comme ça que je me sens; c’est mieux s’ils ne le savent pas.

 

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Lorsque les médecins utilisent certains mots, je ne les comprends pas. Mais c’est la seule chose. Cela m’embrouille un peu. Je ne sais pas ce que signifient certains grands mots. Donc, s’ils peuvent les vulgariser, alors je me sens mieux.

Ils me posaient trop de questions en même temps. Comme je vous l’ai dit, il y avait deux étudiants et ensuite le médecin. Quelquefois lorsqu’ils me demandaient trop de questions, je m’embrouillais un peu et je ne comprenais pas. Oui, c’est ça.

 

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Quand je suis entrée, le docteur m’a examinée et elle était avec deux étudiants. Ils m'ont aussi examinée, elle les a laissés, [il y avait] un médecin indien, qui était un interne je crois, et un autre, un blanc. Et ils ont procédé….ils m’ont demandé s’ils pouvaient palper et j’ai répondu : « Oui, vous être en train d’apprendre votre travail alors ça va ». J’étais donc sur la table et ils ont touché. Mais ils étaient un peu mal à l’aise. Ils étaient jeunes. J’ai dit : « Non, ça va, allez-y, cela fait partie de votre travail ». Et alors le médecin m’a dit : « Vraiment, c’est un cancer ». J’ai répondu : « ok ». Parce que j’ai eu quelque chose avant au cerveau. Peut-être s’agit-il du cancer provenant de la masse. Pour moi-même, je me dis que peut-être [que] c’est ce qu’ils appellent le cancer. Je ne savais pas exactement à cause de la masse, ils me demandaient si j’avais remarqué des sécrétions provenant des mamelons; rien de cela, rien du tout.

 

 

 

 

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Lorsque je me couche j’y pense et je me dis de le repousser. Repousse-le de ton esprit, essaie de penser à autre chose. J’essaie de penser à autre chose ou à quelque chose de beau, ou à mes petits-enfants, ce que je peux faire pour eux jusqu’à ce que je m’endorme. Lorsque je me lève le matin je vais à la salle de bain, je brosse mes dents, je vais préparer mon petit déjeuner, j’y pense… Oui je pense que ça me préoccupera jusqu’à ce que ce soit terminé, jusqu’à ce que ce soit terminé.