Thérapies alternatives et complémentaires

Presque toutes les femmes à qui nous avons parlé avaient fait certains changements dans leur routine quotidienne comme faire de l’exercice, du yoga, manger des aliments sains ou prendre des suppléments vitaminiques, ou d’autres activités comme la massothérapie – elles nous ont dit qu’elles se sentaient motivées à être fortes physiquement et mentalement et que ça pourrait les aider dans leurs traitements et leur rétablissement. C’était habituellement un soutien ou un complément aux traitements médicaux dans leur plan de soins. Il existe quelques données émergentes sur les effets de certains traitements complémentaires comme l’utilisation de l’exercice dans la guérison et le rétablissement, ainsi que l’usage médical de la marijuana pour la douleur chronique. Certaines femmes avaient essayé des approches moins courantes. L’étendue des discussions avec leur équipe de soins de santé concernant les approches alternatives et complémentaires variait selon les femmes. Elles avaient vécu des niveaux de soutien différents de la part des médecins, des infirmières ou des thérapeutes à propos de ces approches.


Thérapie alternative


Une thérapie alternative se définie habituellement comme une forme de traitement ou de thérapie utilisée au lieu des soins médicaux conventionnels. Selon la loi, tous les traitements conventionnels contre le cancer doivent avoir été soumis à des tests rigoureux afin d’en prouver l’efficacité. La plupart des thérapies alternatives n’ont pas subi à une telle évaluation et en conséquence il existe typiquement peu ou pas de données scientifiques prouvant qu’elles sont efficaces ou non. Il est fortement recommandé aux femmes de parler à leurs équipes de soins de santé au sujet des traitements alternatifs afin de considérer les bénéfices et les dommages que peuvent causer des thérapies qui sont considérées plus expérimentales ou qui n’ont pas fait leur preuve.

Certaines femmes avec qui nous avons parlé ont considéré rejeter complètement le traitement médical recommandé pour suivre un parcours plus alternatif. Cependant, toutes les femmes nous ont dit avoir éventuellement choisi de suivre la plupart ou tous les traitements médicaux accompagnés d’autres traitements en complément.

 

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Traitements complémentaires


Les femmes ont souvent utilisés d’autres thérapies complémentaires en plus des traitements médicaux – lesquelles sont utilisées de pair avec les traitements médicaux conventionnels. Ces thérapies complémentaires ont habituellement aidé les femmes à se sentir mieux et à mieux s’adapter au cancer et aux traitements. Il est généralement fortement recommandé de discuter de toute thérapie complémentaire avec le médecin avant de l’utiliser à cause des risques d’effets secondaires ou de réactions inattendues.

Les femmes avec qui nous avons parlé ont décrit l’utilisation des services tels que la physiothérapie, les massages lymphatiques, l’acupuncture, la naturopathie (comme les traitements à la vitamine C, l’énergie et les extraits de thé vert) et le soulagement de la douleur ou l’amélioration du goût avec l’utilisation médicale de la marijuana. Les femmes ont aussi participé à des activités pour améliorer leur santé mentale et leur bien-être, tels que du soutien psychosocial par le biais de counseling, certaines classes d’exercices les aidant à relaxer comme le Pilates, l’entraînement, le yoga, le Tai Chi, et la méditation. Mais elles ont aussi mentionné l’utilisation des services offrant des perruques, des sessions de maquillage et d’autres approches afin d’améliorer leur apparence et leur estime de soi. Donna a utilisé les techniques de guérison indigènes et elle a créé ses propres hydratants à partir d’ingrédients naturels au cours de sa radiothérapie. Plusieurs femmes ont décrit les avantages de recevoir des massages ou de la physiothérapie sur une base régulière.

 

 

Thérapies alternatives et complémentaires

J’ai essayé, bon comme le picotement... Je ne pouvais aller nulle part et j’étais comme ça... Mes mains étaient toutes comme... c’était... J’ai tout essayé pour m’en débarrasser. Je suis allée voir un chiropraticien, un physiothérapeute. Je suis allée en physiothérapie en premier pour mon bras, mes ganglions qui avaient été retirés, alors je suis allée en physiothérapie mais seulement au début, postopératoire, afin de retrouver le mouvement. J’ai ensuite essayé les massages et j’ai arrêté un certain temps. Je suis allée chez un chiropraticien pour voir s’il pouvait m’aider pour les dommages nerveux. Mais non, ça n’a rien fait. Il m’a dit ne même pas avoir essayé, que ça n’aiderait pas. « Vous devriez essayer les massages de nouveau. Essayez les massages de tissus profonds. » et cela a vraiment aidé. Autrement non, je n’ai rien fait d’autre.

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Thérapies alternatives et complémentaires

Une des choses merveilleuses lorsque le Centre du cancer a déménagé sur un seul site et ouvert un nouvel édifice, une chercheuse qui se spécialise dans le cancer du sein a pensé que l’exercice, que les patientes atteintes d’un cancer du sein devraient pouvoir faire de l’exercice, et elle a débuté son étude avec les patientes atteintes de cancer du sein.

 
 

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Je me sens mal pour les femmes qui sont très bouleversées à ce sujet parce que je connais des femmes qui ont survécu plusieurs années après le cancer du sein et cela peut toutes nous arriver. La seule chose que je peux dire au sujet de la greffe c’est que je ne sais pas si cela a rapetissé mon estomac ou si c’est seulement que je ne mangeais pas beaucoup pendant ma chimio. Je ne peux pas manger beaucoup à la fois. Je mange souvent pendant la journée, des petites portions parce que je ne peux pas manger un gros repas. Je peux manger un petit bol de céréales ou je peux prendre un morceau de gâteau ou quelque chose, mais je ne mange pas beaucoup, et en plus je n’ai pas de papilles gustatives. J’espérais, et j’ai demandé à trois médecins, mais ils ne prescriront pas de marijuana. Alors j’en prends un peu mais je n’en fume pas assez parce que j’oublie. Je suis étendue sur mon lit et je pense : « Oh, je devrais fumer un joint. » Mais la seule chose que cela me fait c’est que ça me fatigue, et je vais me coucher et je vais bien dormir. Je trouve que la première journée ma bouche est enfumée, la deuxième journée je peux vraiment goûter quelque chose pour la première fois. J’en ai pris un et je ne pouvais le croire parce que je mangeais des épinards et de la pizza avec du feta, et je pouvais vraiment goûter le feta. J’étais tellement excitée de pouvoir vraiment goûter quelque chose. Mais j’ai besoin de fumer plus souvent et je pense que la marijuana devrait être légale. Je pense que Trudeau est sur la bonne voie parce que je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose.

Oui, oui ça fonctionne. Un des gars avec qui je travaille est un scientifique et il a reçu cette information et me l’a transmise. J’ai de l’information à ce sujet si vous la voulez, et ça dit que ça fonctionne.

Alors je vais voir. Apparemment vous pouvez vous procurer quelque chose dans laquelle vous placez la marijuana et vous pouvez l’inhaler, et vous n’avez pas cette fumée. Je vais voir si je peux trouver un de ces petits appareils et l’essayer. Je pense que la marijuana devrait être, et je pense que si c’est bénéfique, qu’elle devrait être permise. Je sais que certains médecins vous donneront une ordonnance.

 

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Certaines femmes ont parlé des centres de bien-être de leur région pour les personnes atteintes de cancer ou des programmes comme Belle et bien dans sa peau ou les centres de santé du sein, ainsi que des services de transport pour aider les personnes à se rendre à leur centre de traitement.

Les femmes ont invoqué plusieurs raisons différentes pour expliquer le fait qu'elles suivent des traitements complémentaires : pour apaiser certains symptômes comme la tension des muscles, pour le soulagement de la douleur, pour se sentir mieux, pour améliorer la mobilité et parce qu’elles voulaient traiter tout leur corps et pas seulement le cancer. Donna, Kathryn et May-Lie ont également estimé avoir reçu des explications à propos de leurs symptômes lors de ces sessions; ce qu’elles n’avaient pas eu de la part des professions biomédicales. Par exemple, Donna mentionne : « Je ressentais beaucoup de douleur dans ma clavicule et j’ai appelé (le centre de traitement) à ce sujet et on m’a répondu que la radiothérapie ne causait pas de douleur osseuse et que je devais souffrir d’arthrite. Lorsque j’ai rencontré l’ostéopathe la semaine dernière, il m’a expliqué que (la radiothérapie) ne causait pas de douleur osseuse mais de l’inflammation dans le fascia qui tire sur les os et qui cause de la douleur. Alors je ne sais pas pourquoi je n’ai pas eu cette information du Département d’oncologie. Cela aurait été utile. » Kathryn a obtenu beaucoup de soutien auprès de sa guérisseuse vietnamienne et elle estime que c’est grâce à elle si elle est encore ici. D’autres femmes ont raconté pourquoi elles n’utilisaient pas certains services. Par exemple, Debbra n’arrivait pas à trouver la preuve des bénéfices de l’acupuncture, Jocelyn trouvait que les autres activités ou services étaient trop dispendieux, et la plupart de ces services étaient trop éloignés pour Iceni.

 

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L’autre traitement avec lequel j’ai obtenu du succès c’est l’acupuncture pour gérer mes bouffées de chaleur. Ayant été projetée dans la ménopause à 46 ans, je ressens encore les effets secondaires des bouffées de chaleur qui pourraient se prolonger pendant les cinq ans de l’hormonothérapie, mais ça aide. Je trouve que cela m’aide énormément ainsi que d’autres patientes.

 

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Ceci vous affectera à long terme et c’est également quelque chose avec laquelle vous allez devoir vivre, à laquelle vous allez devoir vous habituer. Je veux dire que si vous êtes quelqu’un qui n’a jamais pensé à consulter, ce n’est pas une si mauvaise idée.

Si vous n’avez personne à qui vous confier ouvertement et un endroit sûr pour parler de vos peurs et de vos inquiétudes. J’ai récemment commencé à voir un conseiller et c’est un bon endroit où aller pour dire : « Ok, c’est ce que je pense aujourd’hui et certaines des choses pour lesquelles je suis vraiment inquiète et pourquoi je veux avoir certains plans en place. » Vous êtes un planificateur ou vous ne l’êtes pas. Je suis une planificatrice, personnalité de type A, je m’en excuse, et pour moi c’était d’avoir une couverture de sécurité pour mon fils, de l’avoir pour être certaine qu’il est bien si quelque chose arrive à un moment donné. Alors ce que nous avons fait, j’ai commencé à voir une conseillère et j’ai pensé qu’elle connecterait avec mon fils. Elle avait travaillé avec des enfants. Cela fait maintenant trois fois que je la rencontre. Alors nous lui avons présenté, pas pour une session – mon fils adore les chiens – elle a alors amené son chien et c’était seulement une session de rencontre. Nous allons donc continuer de faire ça pendant un certain temps et elle apprendra à le connaître et il se sentira confortable. Alors si les choses, et je vais dire si, parce que je vais continuellement être optimiste et je vais essayer d’avoir autant d’années que possible. Mais, ou si je trouve qu’il… je sens quelque chose pour laquelle il ne se confie pas à moi, alors il a un endroit sûr où aller ou pour parler parce qu’il est protecteur de nature et il veut protéger maman, parce que je pense que je n’entends pas beaucoup ce qu’il a à dire ou plusieurs de ses peurs et des choses comme ça.

 

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Services complémentaires et l’équipe de soins de santé

Les femmes avaient différentes approches pour partager l’information avec les professionnels médicaux au sujet de l’utilisation des traitements complémentaires. Kathryn a mentionné n’avoir rien dit à ses médecins parce qu’elle pensait qu’ils lui diraient de cesser. Elle voit également un médecin privé aux États-Unis et elle apprécie son temps et ses connaissances, mais elle partage ses conseils avec les professionnels au Canada. Donna considérait que les professionnels médicaux n’étaient pas ouverts aux traitements complémentaires mais elle a trouvé une infirmière qui l’a aidée à assortir les deux types de traitements.

 

Thérapies alternatives et complémentaires

Oui depuis ce temps-là et j’ai alors réellement apprécié le temps qu’elle a passé avec moi. Une autre chose que j’ai trouvée c’est que j’avais dit aux médecins que je faisais certaines autres thérapies et ils étaient très insistants sur le fait que si je faisais ce genre de choses, je devais vérifier avec le département en premier lieu.

 
 

D’autres femmes estimaient qu’il était possible d’avoir une discussion ouverte au sujet de l’utilisation des traitements complémentaires avec les professionnels de la santé. Debbra a souligné que les personnes devraient être très prudentes au sujet des interactions de médicaments et d’informer leur pharmacien au sujet des médicaments qu’elles prennent.

Thérapies alternatives et complémentaires

J’ai commencé dernièrement à faire plus de recherche là-dessus, puis à voir par référence. Parce que je ne veux pas juste aller voir n’importe qui. J’ai commencé à voir un ostéopathe, ça fait depuis l’automne dernier. Donc l’automne… je dirais novembre 2014.

Review date
2019-01

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