Alice managed symptoms of chronic fatigue syndrome and then faced additional mental health challenges during her pregnancy.
Transcript
Oui, c’est mon histoire. Donc je suis tombée enceinte, je pense fin février, début mars de l’année 2012. Et le premier trimestre de ma grossesse a été relativement calme et paisible au niveau des émotions. Par contre, j’étais très fatiguée, très faible, mais il paraît que c’est normal pendant le premier trimestre de la grossesse, alors je ne me suis pas trop, trop inquiétée. J’ai eu une petite fille, qui nous empêche de travailler ici… Par contre, j’ai … Disons que la fatigue et les nausées étaient plus intenses que la moyenne, je pense. J’étais alitée et je sortais avec difficulté, mais je savais que j’ai le syndrome de fatigue chronique et c’est probablement normal que je me sente comme ça, et je m’attendais à une amélioration au deuxième trimestre. En fait, j’ai commencé à m’inquiéter lorsque l’amélioration n’a … est arrivé mais n’a duré que une semaine ou deux. Donc en fait, au début du quatrième mois de grossesse, je me suis sentie mieux. J’ai commencé à bouger, à sortir, c’était, je pense… le mois de mai, il faisait plus chaud. Et après j’ai eu des chutes de tension et des états de faiblesse qui étaient désagréables, inquiétants. Et à un moment donné, j’ai réalisé que ça ne se passe pas comme prévu. J’ai du mal à gérer en fait, j’ai du mal à aller au supermarché, acheter de la nourriture. Et donc j’avais du mal à aller me chercher de la nourriture, et aussi mon appétit était revenu. Parce que pendant le premier trimestre, j’avais… Je mangeais très, très peu de choses, il y avait très peu de choses que je pouvais manger, même… J’avais du mal à boire de l’eau, je mangeais des pastèques, pour subvenir parce qu’autrement … Et donc mon appétit était revenu, j’avais du mal à préparer de la nourriture aussi.
Intervieweuse: Ça, c’était à cause des nausées?
Non, je n’avais pas beaucoup d’énergie. C’était le quatrième mois, et en fait vers le cinquième mois, peut-être, entre le quatrième et le cinquième mois, j’ai … Cette faiblesse et cette impuissance qui par la suite j’ai appris, étaient liées à une anémie et à une aggravation de mon état de fatigue chronique. En fait, cet état de faiblesse est devenu très persistant.
Oui! En tant que gynécologue obstétricienne, et … Donc moi je me suis sentie complètement seule avec mon problème. Parce qu’il y avait mon mari et moi, j’étais seule à la maison, pas de famille qui puisse m’aider. Pas de famille par mon mari, qui travaillait pendant la journée. Et donc j’ai commencé à m’inquiéter (en riant), à penser, à me poser des questions surtout à m’inquiéter sur comment je vais m’occuper de ma fille lorsqu’elle sera née. Et aussi à être préoccupée par l’isolement. Je me disais, si ça continue comme ça en fait, je vais rester enfermée à la maison à m’occuper d’un enfant, et je vais péter une coche, comme disent les Français. En fait, j’étais très inquiète à cause de mon niveau d’énergie. Comment j’allais m’occuper de ma fille? Mais il y a une deuxième chose, ma mère a eu une dépression post-partum, et…
Intervieweuse: Vous connaissiez ça déjà…
Oui, et ça a laissé une marque sur toute sa vie. Et sur la mienne, en conséquence, parce que bon, c’est l’histoire de… C’est le récit un petit peu de ma vie. L’histoire qu’on m’a raconté que ma mère a eu une dépression post-partum, et tout ça. Et je craignais la solitude et l’isolement après… Et je savais que en fait, la fatigue chronique va en rajouter une couche, c’était déjà en soi, assez sérieux et qu’il fallait que je trouve une solution aux problèmes d’isolement et que je trouve de l’aide pour ne pas me retrouver avec un problème de santé mentale après l’accouchement. Et puis j’ai … à ce moment-là, il y a eu des… Euh… l’anxiété, l’inquiétude étaient très intenses, avec des pensées récurrentes, un peu obsessives et bref je cherchais des réponses à des questions, et puis je ne trouvais pas l’énergie de les trouver, mais je me suis mobilisée quand même. Donc l’adrénaline a aidé (rire). Entre-temps, j’avais, au début de la grossesse, je m’étais inscrite pour… Sur une liste d’attente pour avoir une sage-femme.
[Yes, that’s my story. So, I got pregnant, I think, at the end of February, beginning of March 2012. And the first trimester of my pregnancy was relatively calm and peaceful emotionally. However, I was very tired, very weak, but apparently, that’s normal during the first trimester of pregnancy, so I didn’t worry too much. I had a little girl, who’s keeping me from working here… However, I… let’s say the fatigue and nausea were more intense than average, I think. I was bedridden and had difficulty going out, but I knew I had chronic fatigue syndrome, and it was probably normal for me to feel that way, so I was expecting improvement in the second trimester. In fact, I started to worry when the improvement came… but it only lasted a week or two. So, actually, at the beginning of the fourth month of pregnancy, I felt better. I started moving around, going out, I think it was… May, the weather was warmer. And then I had drops in blood pressure and episodes of weakness, which were unpleasant and concerning. And at some point, I realized things weren’t going as planned. I was struggling to manage, I was struggling to go to the supermarket, to buy food. And so I had trouble getting food for myself, and also my appetite had returned. Because during the first trimester, I… I ate very, very little, there were very few things I could eat, even… I had trouble drinking water, I ate watermelons to get by because otherwise… And so my appetite had returned, but I also had trouble preparing food.
Interviewer: Was that because of the nausea?
No, I didn’t have much energy. It was the fourth month, and actually, around the fifth month, maybe, between the fourth and fifth month, I… This weakness and helplessness, which I later learned were linked to anemia and a worsening of my chronic fatigue condition. In fact, this state of weakness became very persistent.
Yes! As an obstetrician-gynecologist… So I felt completely alone with my problem. It was just my husband and me—I was alone at home, with no family to help me. No family on my husband’s side either, since he was working during the day. So I started worrying (laughs), thinking, questioning—mainly worrying—about how I was going to take care of my daughter when she was born. I was also concerned about isolation. I kept thinking, If this continues, I’m going to be stuck at home taking care of a child, and I’m going to lose it, as the French say. Honestly, I was really anxious about my energy levels. How was I going to take care of my daughter? But there was something else—my mother had postpartum depression, and…
Interviewer: So you were already familiar with it…
Yes, and it left a mark on her entire life. And on mine, as a result, because, well, that’s the story… That’s kind of the story of my life. The story I was told—how my mother had postpartum depression and all that. And I was afraid of being alone, of isolation after giving birth… And I knew that, in fact, chronic fatigue would make it even worse. It was already serious enough on its own, and I needed to find a solution to the isolation problem and find help so that I wouldn’t end up with mental health issues after giving birth. And then… At that point, the anxiety, the worrying, became very intense, with recurring, almost obsessive thoughts. I was constantly looking for answers to my questions, but I didn’t have the energy to find them. Still, I pushed through. Adrenaline helped (laughs). In the meantime, at the beginning of my pregnancy, I had signed up on a waiting list to get a midwife.] Translation from the original French.
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